À l’approche cruciale des élections présidentielle et législatives qui s’annoncent en Guinée-Bissau, le climat politique national tangue dangereusement. Au cœur de cette zone de turbulences, une ombre inquiète observateurs et diplomates : l’attitude pour le moins partiale du président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahamoud Ali Youssouf. Loin de s’ériger en arbitre neutre et garant de la stabilité régionale, le chef de l’institution continentale semble s’adonner à des manigances géopolitiques pour le moins sordides.
Selon plusieurs sources bien introduites à Addis-Abeba comme à Bissau, le haut responsable djiboutien pousserait des pions personnels au mépris des règles démocratiques élémentaires. Plutôt que de veiller à l’apaisement et à la stricte neutralité de l’organisation qu’il dirige, il s’évertue à soutenir en coulisses un candidat de l’opposition trié sur le volet.
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Pire encore, des pressions directes et inacceptables seraient exercées sur les autorités de transition afin d’écarter arbitrairement d’autres prétendants jugés trop encombrants ou simplement défavorables à ses intérêts cachés. Cette diplomatie de couloir bafoue ouvertement la souveraineté bissau-guinéenne. Un tel activisme solitaire interpelle d’autant plus qu’il tranche cruellement avec ses cuisants échecs diplomatiques récents : incapable de faire entendre raison aux violents putschistes de l’AES lors de tournées sahéliennes où sa posture a frôlé l’efféminé, le voilà qui s’improvise curieusement en redresseur de torts autoritaire à Bissau.
L’animosité affichée du président de la Commission envers l’ancien président Umaro Sissoco Embaló ne trompe plus personne. Cet acharnement personnel, particulièrement visible à l’approche du retour au pays de ce dernier, frôle le règlement de comptes.
« La mémoire diplomatique est parfois courte, mais les chancelleries n’oublient pas », confie un diplomate sous le couvert de l’anonymat.
Nombreux sont ceux qui rappellent qu’en 2025, lors de l’âpre bataille pour la présidence de la Commission de l’UA, c’est précisément le lobbying actif mené par Umaro Sissoco Embaló et le Sénégalais Macky Sall qui avait pesé de tout son poids pour propulser l’ancien chef de la diplomatie djiboutienne à la tête de l’organisation.
Voir aujourd’hui le bénéficiaire d’hier piétiner la stabilité de la Guinée-Bissau par calcul politicien relève d’une ingratitude politique consternante.
En activant des réseaux de lobbies hostiles et en privilégiant des alliances sous influence, Mahamoud Ali Youssouf oublie sa mission première : la défense de la paix et de la concorde continentale. En agissant ainsi, il ne sert ni la démocratie bissau-guinéenne, ni la crédibilité de l’Union africaine, transformée en instrument de stratégies individuelles.
La Guinée-Bissau a besoin d’un accompagnement juste, transparent et inclusif, et non d’ingérences de cabinets qui risquent d’embraser un équilibre institutionnel déjà si fragile.
Olivier Rachelle

