Le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, a plaidé, le 1er septembre 2026 à Bichkek, pour un ordre international plus juste, fondé sur un multilatéralisme rénové et une meilleure capacité de choix pour les pays du Sud. Intervenant au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai Plus (OCS+), il a livré sa lecture des mutations géopolitiques en cours.
« Le monde change », a-t-il constaté, évoquant l’émergence de nouveaux centres de puissance et la recomposition des équilibres économiques. Pour le dirigeant togolais, cette multipolarité constitue une opportunité pour l’Afrique, notamment en permettant de diversifier ses partenariats et de réduire certaines dépendances.
Lire aussi : La Hauque sensibilise les médias togolais sur l’Infrastructure nationale de la qualité
Faure Gnassingbé a toutefois appelé à la vigilance. La multiplication des pôles de puissance ne garantit pas, à elle seule, davantage de justice. Elle peut aussi favoriser les rivalités, la fragmentation et les rapports de force. L’enjeu, selon lui, est donc d’éviter le remplacement d’une domination par une autre et la constitution de nouveaux blocs antagonistes.

Le président du Conseil a ensuite insisté sur la réforme du système multilatéral. Il a défendu le rôle central des Nations unies, tout en estimant qu’elles doivent évoluer pour mieux répondre aux réalités du monde contemporain. Il a notamment souligné la sous-représentation de l’Afrique dans les principales instances de décision et appelé à une meilleure articulation entre l’Onu, l’Union africaine, l’OCS et les organisations régionales.
Suivez notre chaîne WhatsApp ici
Sur le plan économique, Faure Gnassingbé estime qu’un ordre mondial plus équitable doit offrir au Sud une véritable capacité de choix. Cela passe, selon lui, par le financement du développement, la maîtrise des technologies, la transformation locale des ressources et la création de valeur.

Il a ainsi défendu des partenariats fondés sur les investissements productifs, les infrastructures et le transfert de technologies avec l’Asie, l’Europe, les Amériques et entre pays africains.

À travers cette vision, le dirigeant togolais souhaite que l’Afrique ne soit plus contrainte de choisir un camp, mais puisse multiplier ses partenariats selon ses propres priorités.
Lire aussi : Togo / Arrêt de la Cour de justice de la Cédéao: Unir écarte toute remise en cause de la Constitution
Cette position, exprimée devant dirigeants et partenaires de l’OCS, traduit la volonté de Lomé de promouvoir une diplomatie ouverte, attachée à la souveraineté des États et à la diversification des coopérations. Pour le Togo, l’enjeu n’est pas de substituer une influence à une autre, mais de créer les conditions d’un dialogue équilibré capable de servir les intérêts des peuples et de soutenir les ambitions de développement du continent.

