Après plus de 2 ans de négociations parfois tendues, le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI) ont finalement trouvé un terrain d’entente, le 1er septembre. Au terme de la huitième mission du Fonds depuis l’accession au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye, les deux parties ont conclu un accord de niveau technique ouvrant la voie à un nouveau programme de financement de 2,2 milliards de dollars, étalé sur 36 mois.

Mais cette avancée a un prix politique lourd : selon le ministère des Finances, Dakar s’engage désormais à restructurer sa dette dans le cadre commun renforcé du G20, une option que le gouvernement avait pourtant systématiquement écartée jusque-là.

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Ce futur programme, au titre de la Facilité élargie de crédit, doit soutenir la réforme des finances publiques, renforcer la transparence budgétaire et restaurer la soutenabilité de la dette, tout en préservant les ménages les plus vulnérables. Avant tout passage devant le conseil d’administration du FMI, le pays devra toutefois corriger les manquements liés à l’affaire de la dette cachée et obtenir des garanties de financement de ses partenaires.

Cette séquence s’inscrit dans le prolongement d’une crise ouverte en 2024, lorsque la découverte d’environ 13 milliards de dollars de dette non déclarée sous l’administration de Macky Sall avait entraîné la suspension du précédent programme du FMI, d’un montant de 1,8 milliard de dollars. Depuis, privé du soutien des bailleurs traditionnels, le Sénégal s’était largement tourné vers le marché régional pour se financer. Fin août, l’agence Moody’s avait encore dégradé sa note souveraine, aggravant la pression sur les finances publiques.

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Pour Dakar, cet accord représente un ancrage retrouvé, susceptible de rétablir la confiance des investisseurs et de débloquer des financements complémentaires auprès de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement. Surtout, la restructuration à venir devrait alléger le poids du service de la dette, en ouvrant des négociations avec les créanciers officiels comme privés. Les autorités ayant précisé que seule la dette extérieure sera concernée, la dette libellée en francs CFA restant hors du champ des discussions.

Ce tournant marque un véritable revirement pour le président Faye, dont le discours initial avait fait de la souveraineté financière et du refus de toute restructuration un marqueur politique fort. Reste désormais à mesurer l’ampleur du soulagement obtenu par Dakar, et son coût politique. Ceci, alors que l’exécutif devra composer avec une Assemblée nationale acquise à Ousmane Sonko, farouche opposant historique à toute restructuration de la dette sénégalaise.

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