Lomé accueille jusqu’au 30 septembre 2026 des consultations consacrées à la libre circulation des personnes en Afrique et à la création du Conseil consultatif de l’Union africaine sur les migrations (MAC). Une centaine de délégués, responsables publics et experts venus du continent prennent part aux travaux, destinés à préciser le mandat et les priorités de ce futur organe.
La rencontre doit notamment examiner la gouvernance des migrations et des frontières, les expériences nationales en matière de mobilité ainsi que les systèmes intégrés de gestion des frontières. Le futur Conseil est appelé à produire des données, à partager les expériences et à formuler des recommandations destinées à éclairer les politiques migratoires.
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Cette consultation intervient 20 ans après l’adoption du Cadre de politique migratoire de l’Union africaine et s’inscrit dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063. Elle intervient également dans un contexte où la libre circulation reste inégalement appliquée sur le continent.
Le Togo entend mettre son expérience à contribution. Depuis le 18 mai 2026, le pays a supprimé l’obligation de visa préalable pour les ressortissants des États africains détenteurs d’un passeport valide. Cette mesure permet des séjours allant jusqu’à 30 jours, sous réserve des formalités et contrôles d’immigration.
Sabelo Mbokazi, responsable du département Travail, Emploi et Migration de la Commission de l’Union africaine, a indiqué que le Togo partagera son expérience sur l’exemption de visas pour les citoyens africains. Selon lui, cette pratique peut alimenter les réflexions des pays souhaitant faciliter davantage la mobilité.
À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Administration territoriale, Hodabalo Awaté, a replacé la question migratoire dans les transformations du continent. Il a notamment évoqué la croissance démographique, l’urbanisation, les mutations économiques, les besoins en main-d’œuvre, les échanges commerciaux ainsi que les mobilités étudiantes et professionnelles.
La dimension économique figure ainsi parmi les enjeux de la consultation. La circulation des personnes accompagne en effet les échanges et les besoins de compétences entre les différents espaces africains.
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Les discussions se tiennent toutefois dans un contexte où les politiques de mobilité restent fragmentées. Selon l’Africa Visa Openness Index 2025 de la Banque africaine de développement, seuls 28,2% des déplacements intra-africains sont exemptés de visa.
Les travaux de Lomé devront donc contribuer à préciser les mécanismes permettant de renforcer la coordination entre États et d’améliorer la circulation sur le continent. Le futur Conseil consultatif devrait, à travers ses données et recommandations, fournir un cadre supplémentaire pour accompagner ces efforts.

