Interpellés le 27 juillet dernier dans la préfecture de la Binah, deux ressortissants français, Gaël Mocaër et Sébastien Perez Pezzani, et leur collaborateur togolais, Vedomey Komi Mawufemo, font l’objet de poursuites pour « fausses déclarations ».
Dans un communiqué conjoint publié ce 22 août, le ministère de la Sécurité et le ministère de la Justice apportent un éclairage détaillé sur les circonstances de cette affaire et l’avancement de la procédure judiciaire.
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Face aux réactions suscitées dans les médias et sur les réseaux sociaux, le gouvernement togolais a rompu le silence pour fixer l’opinion nationale et internationale sur le dossier concernant l’interpellation de trois professionnels de l’audiovisuel.
Tournages par drone dans des zones sensibles
Les faits remontent au 27 juillet 2026. Ce jour-là, trois membres d’une équipe de tournage ont été interpellés par les forces de sécurité au marché de Matchatom, situé dans la préfecture de la Binah dans la région de la Kara. Selon les autorités, l’équipe effectuait des prises de vues à l’aide d’un drone dont les caractéristiques n’avaient pas fait l’objet d’une déclaration préalable.
Conduits le 4 août à Lomé par la Brigade de recherche et d’investigation (BRI) de Kara, les mis en cause ainsi que l’équipement saisis ont été mis à la disposition de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).
Saisi par la DCPJ, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Lomé a ordonné l’ouverture d’une enquête officielle.
Non-respect du périmètre autorisé et contexte sécuritaire
Selon les conclusions des premières investigations, les trois personnes agissaient dans le cadre du tournage d’un numéro du documentaire télévisé « Les Routes de l’impossible », produit par la société française Tony Comiti Productions. L’équipe était composée de deux ressortissants français et d’un collaborateur togolais.
Pour justifier leurs activités sur le terrain, ils mettaient en avant une autorisation accordée le 19 juin 2026 par le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts. Cependant, le document officiel avait été délivré au seul nom du producteur-réalisateur togolais, M. VEDOMEY Komi Mawufemo, unique requérant formellement identifié.
Surtout, l’enquête administrative et judiciaire a fait apparaître que l’autorisation était strictement circonscrite à des zones spécifiques et ne couvrait en aucun cas les localités de Mango (dans la Région des Savanes), de Guérin-Kouka ou de Matchatom.
Les ministères rappellent que plusieurs des zones survolées par l’équipement vidéo sont soumises à une vigilance particulière en raison du régime d’état d’urgence sécuritaire actuellement en vigueur au Togo. La violation des périmètres autorisés constitue ainsi un manquement majeur aux consignes administratives et sécuritaires prescrites.
Ouverture de poursuites judiciaires
À ce stade de la procédure, la justice estime avoir réuni des « indices graves et concordants » étayant la thèse d’infractions pénales.
Les personnes impliquées visent désormais des poursuites judiciaires du chef de fausses déclarations, une infraction prévue et punie par l’article 680, alinéa 5, du nouveau Code pénal togolais. Le dossier a été transmis aux autorités judiciaires compétentes qui détermineront les suites à donner à cette affaire.

