Les dernières statistiques de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) révèlent une situation contrastée pour le paysage financier national. Le taux de dégradation brut du portefeuille des banques a connu une augmentation significative, passant de 7,2 % en février 2025 à 13,5 % en février 2026. En l’espace de 12 mois, ce ratio a pratiquement doublé, témoignant d’une vulnérabilité croissante du secteur.
En termes de volume, les créances en souffrance ont bondi de 171,5 milliards à 318,2 milliards de francs CFA (FCFA). Cette progression de 85 % représente la croissance la plus rapide observée au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Parallèlement, le taux de couverture de ces créances s’est replié de 63,9 % à 42,3 %, un indicateur qui inquiète les analystes sur la qualité des actifs bancaires.
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Deux facteurs majeurs expliquent ce durcissement du marché. On note d’abord une forte réduction des crédits à court terme, dont les utilisations ont chuté de 50 % entre novembre 2025 et janvier 2026. De plus, le coût du loyer de l’argent demeure particulièrement élevé avec un taux moyen de 7,51 %, un niveau bien supérieur à la moyenne des autres pays de l’Union. Cette cherté du crédit pèse lourdement sur les capacités de remboursement des opérateurs économiques.
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Malgré ces défis, le système conserve des gages de résilience non négligeables. Les banques togolaises affichent un excédent de réserves de 92,1 milliards de FCFA par rapport aux exigences de la Banque centrale. Cette position offre une sécurité structurelle, mais elle traduit aussi une certaine prudence des institutions financières. Dans un contexte de relance, le défi reste de transformer ces liquidités en financements productifs pour dynamiser le secteur privé.

