Dans un marché à Jilli, dans l’État de Yobe, une frappe aérienne de l’armée nigériane, menée contre des groupes affiliés à l’État islamique en Afrique de l’Ouest, y a fait des centaines de morts. Les bilans divergent, mais tous disent l’ampleur du drame : plus de cent morts selon Amnesty International, près de deux cents victimes évoquées localement.
L’armée assure avoir visé un corridor stratégique, un axe emprunté par des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest. L’objectif militaire est clair. Mais sur le terrain, les corps et les blessés racontent une autre réalité, celle de civils pris dans l’étau d’une guerre diffuse.
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Depuis 2009, le nord du Nigeria vit au rythme d’une insurrection portée par Boko Haram et ses dissidences. Plus de quarante mille morts, des millions de déplacés, et une violence qui s’étend, mêlant le jihadisme au banditisme. Les frappes aériennes, censées contenir la menace, ont déjà, par le passé, coûté la vie à des innocents, souvent sans suites judiciaires.
À Jilli, les blessés affluent vers Geidam et Maiduguri, débordant des structures sanitaires fragiles. Une enquête militaire est annoncée. Elle dira peut-être les faits. Mais pour les survivants, l’essentiel est ailleurs : comprendre comment un marché, lieu de subsistance, a pu devenir une cible.
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Dans ce nord-est meurtri, la guerre ne distingue plus clairement ses frontières. Elle s’infiltre dans les vies ordinaires, brouille les lignes et laisse derrière elle des territoires suspendus entre peur, résilience et incertitude.

