L’Ivoirien s’est d’abord illustré dans les médias avant de devenir le promoteur d’une entreprise spécialisée dans la production de chocolat et de produits dérivés du cacao.
Valoriser le cacao ivoirien à travers sa transformation locale, c’est le pari de Fulbert Koffi Evan’s, un entrepreneur au parcours atypique, qui se définit comme le premier « journaliste-chocolatier » africain. Titulaire d’une maîtrise en communication de l’École française des attachés de presse (EFAP), il s’est d’abord illustré dans les médias en défendant la transformation des produits locaux et en critiquant les politiques d’industrialisation en Afrique.
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Aujourd’hui, il est le promoteur de « L’Ivoirienne de Chocolaterie », une entreprise spécialisée dans la production de chocolat et de produits dérivés du cacao. C’est en 2020, face au nombre croissant de jeunes candidats aux concours de la fonction publique et aux coûts engagés, qu’il imagine une alternative : mobiliser ces ressources dans un fonds participatif pour financer une unité de transformation du cacao, principale richesse agricole de la Côte d’Ivoire.
Une chaîne de valeur locale à structurer
« J’ai voulu envoyer un signal fort en choisissant le cacao, première richesse d’exportation du pays. Le transformer localement permet de capter davantage de valeur et de créer des emplois pour les jeunes », explique-t-il dans un entretien accordé à la dpa.
Au-delà de la production de chocolat, son entreprise développe des espaces de dégustation baptisés « Chocoladrôme », pensés comme des lieux de consommation et de valorisation des produits locaux. Avec une équipe de 30 employés, la chocolaterie propose une gamme variée de produits à base d’ingrédients locaux, notamment du chocolat au gingembre ou aux fruits tropicaux.
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Pour l’entrepreneur, la transformation agroalimentaire représente un levier stratégique pour les économies africaines. « En Côte d’Ivoire, près de six millions de personnes vivent directement ou indirectement du cacao. Il est essentiel de transformer cette matière première localement pour répondre aux besoins des populations et soutenir l’emploi », souligne-t-il.
Une production en croissance
Après cinq ans d’activité, l’entreprise a réussi à s’imposer sur le marché local. Les produits sont aujourd’hui présents dans la grande distribution et rencontrent un accueil favorable auprès des consommateurs. L’unité produit chaque mois entre deux et trois tonnes de poudre de cacao conditionnée, cinq tonnes de poudre en vrac, ainsi qu’environ 50 kilogrammes de chocolat par jour, auxquels s’ajoutent des boissons cacaotées.
Aujourd’hui, Fulbert ambitionne d’accroître significativement sa capacité de production en installant une unité industrielle de plus grande envergure. L’objectif est de conquérir les marchés sous-régionaux et africains, dans une logique de coopération Sud-Sud. « Le chocolat consommé en Afrique doit provenir de nos pays producteurs, et non être importé. Nous devons développer nos propres chaînes de valeur », conclut-il.
dpa

