La décision de mettre un terme de manière anticipée au Projet d’amélioration de la sécurité hydrique en milieu urbain au Togo (PASH-MUT) marque un tournant dans la gestion des investissements publics. Loin d’être perçue comme un échec, cette orientation traduit la volonté des autorités de privilégier l’efficacité économique et la bonne utilisation des ressources empruntées, dans un contexte où la maîtrise de la dette publique demeure une priorité.
Approuvé en mars 2023 avec un financement de 100 millions de dollars de la Banque mondiale, le PASH-MUT devait renforcer l’accès à l’eau potable dans le Grand Lomé. Le programme prévoyait notamment l’extension des réseaux de distribution, la réalisation d’infrastructures hydrauliques, l’amélioration de l’assainissement et le renforcement des capacités de la Société togolaise des eaux.
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Cependant, la mise en œuvre du projet s’est progressivement heurtée à plusieurs difficultés. Des procédures de passation des marchés ont été contestées, certains contrats stratégiques ont fait l’objet de vérifications techniques et administratives, tandis que des problèmes de gouvernance ont ralenti l’exécution des activités. Après près de 3 années, le taux de décaissement atteignait seulement 9 %, illustrant un écart important entre les ressources mobilisées et les réalisations attendues.
Dans ces conditions, poursuivre le projet aurait continué à mobiliser des ressources financières, humaines et institutionnelles sans garantie d’obtenir les résultats escomptés. Les 100 millions de dollars accordés constituaient un prêt souverain destiné à financer des infrastructures durables et non une subvention. Chaque décaissement devait donc produire des bénéfices concrets pour les populations.
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La clôture anticipée du PASH-MUT répond ainsi à une logique de réallocation des ressources vers des programmes susceptibles d’offrir un meilleur rendement socio-économique. Cette orientation s’accompagne de l’élaboration d’un « Pacte pour l’eau », inscrit dans l’initiative « Water Forward » de la Banque mondiale, afin de redéfinir les priorités du secteur.
Au-delà de ce projet, cette décision rappelle qu’en matière de finances publiques, la réussite d’un investissement se mesure avant tout à son impact réel sur les services rendus aux populations et sur le développement durable du pays.

