À l’heure où le Togo s’apprête à lancer une nouvelle stratégie pour le Sahel, le bilan de la première, engagée en 2021 met en lumière une diplomatie active, tournée vers la stabilité régionale. Pour Robert Dussey, cette démarche répondait à une nécessité : faire face à l’expansion des menaces terroristes dans un espace sahélien devenu instable. Dans un entretien accordé au journal Savoir News, le chef de la diplomatie togolaise revient les éléments saillants de cette politique.
Dès son lancement, sous l’impulsion de Faure Gnassingbé, la stratégie togolaise s’est structurée autour de quatre piliers. Le premier repose sur la coopération régionale, en lien avec des organisations comme la Cédéao et l’Uemoa. Le second valorise une approche dite de « paix positive », fondée sur la prévention et le dialogue.
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Le troisième pilier privilégie la médiation politique. Dans ce registre, Lomé s’est illustrée dans plusieurs crises, notamment entre la Côte d’Ivoire et le Mali, contribuant à la libération de soldats en 2023. Le quatrième axe met l’accent sur la gouvernance inclusive, en intégrant les dimensions sociales et économiques comme leviers de stabilité.
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Au fil des années, cette stratégie a permis au Togo de consolider son rôle de médiateur. Face aux transitions politiques au Burkina Faso, au Mali et au Niger, le pays a maintenu des canaux de dialogue ouverts, privilégiant la concertation dans un contexte régional fragile. Cette posture s’est accompagnée d’une coopération sécuritaire renforcée, notamment avec les États voisins confrontés à la menace terroriste.
Mais l’approche togolaise ne se limite pas à la sécurité. Elle intègre le développement comme réponse structurelle. Le Programme d’urgence de renforcement de la résilience dans la région des Savanes (Purs), lancé en 2022, illustre cette vision. Les infrastructures, les accès aux services sociaux, soutien aux activités économiques : autant d’actions visant à renforcer la résilience des populations.
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Malgré ces avancées, les défis persistent. Terrorisme transfrontalier, criminalité organisée et recomposition géopolitique, marquée par la création de l’Alliance des États du Sahel, redéfinissent les équilibres régionaux.
Dans ce contexte, la nouvelle stratégie apparaît comme une adaptation nécessaire. Pour le Togo, il s’agit d’intégrer ces mutations tout en affirmant une ligne constante : coopérer sans dépendre, dialoguer sans renoncer à sa souveraineté.
Ainsi, au-delà du bilan, se dessine une continuité. Celle d’un pays qui, fidèle à sa tradition de médiation, entend demeurer un acteur engagé pour la paix, dans un Sahel où sécurité et développement restent indissociables.

