Au Togo, l’interpellation de Yao Makpaou par la Gendarmerie nationale dépasse le cadre d’un simple fait divers. Pendant plusieurs années, l’individu s’était fait passer pour un « conseiller du président du Conseil », intervenant dans des litiges fonciers, notamment dans la zone de Togblékopé, en périphérie de Lomé.
Son mode opératoire reposait sur une mécanique bien rodée : l’invocation d’une proximité supposée avec le pouvoir, l’usage de documents falsifiés et les pressions sur les populations. Mais derrière ce cas particulier se dessine une réalité plus large. Dans plusieurs localités, des individus se revendiquent d’un statut fictif pour s’imposer comme intermédiaires dans des conflits, en particulier liés à la terre.
Lire aussi : Togo : vers une nouvelle stratégie pour le Sahel après 4 ans d’engagement diplomatique
Le foncier apparaît ainsi comme un terrain propice à ces dérives. Complexité des procédures, insuffisance des mécanismes de sécurisation et méconnaissance des règles ouvrent la voie à des pratiques opportunistes. Certains acteurs parviennent à influencer des opérations de bornage ou à extorquer des avantages à des citoyens souvent démunis face aux démarches administratives.
Au-delà des pertes économiques, ces agissements nourrissent des tensions durables entre familles et communautés. Ils fragilisent le tissu social et installent un climat de suspicion généralisée.
Suivez notre chaîne WhatsApp ici
En brouillant les repères de l’autorité publique, ces pratiques portent atteinte à la crédibilité des institutions. L’affaire Makpaou met ainsi en lumière un enjeu plus profond : la nécessité de renforcer la gouvernance foncière pour préserver la cohésion sociale.

