Ce mercredi 15 juillet 2026 s’est ouvert à Lomé un atelier régional de 4 jours destiné à transformer la prise en charge des troubles psychiatriques et psychologiques en Afrique de l’Ouest et du Centre. Entre témoignages poignants et urgence budgétaire, les acteurs plaident pour une révolution thérapeutique intégrant les personnes concernées au cœur des décisions.
Devant une assemblée silencieuse, Ekeleme Obinna Peter, défenseur des personnes ayant une expérience vécue au sein de l’organisation Aves Mental Health, a partagé son histoire. Gravement brûlé lors d’une explosion de gaz en 2017, il a rappelé que sa reconstruction physique n’était que la partie visible d’un combat beaucoup plus intime. Sa véritable guérison a commencé le jour où un autre survivant lui a montré ses propres cicatrices en lui disant simplement qu’il s’en sortirait. Pour lui, la guérison durable repose sur 3 piliers indispensables : les soins cliniques, le soutien de la communauté et le partage d’expériences.
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« Mes cicatrices ne sont plus des marques de douleur, mais des preuves vivantes que la guérison est possible », a-t-il affirmé pour inviter à bousculer les approches classiques.
Un constat régional particulièrement alarmant
Derrière ces récits de vie se cache une crise sanitaire de grande envergure que les systèmes de santé peinent à endiguer. Dans la région africaine de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 150 millions de personnes vivent actuellement avec des troubles mentaux ou neurologiques. Pire encore, le continent enregistre le taux de suicide le plus élevé de la planète, culminant à 11,5 cas pour 100 000 habitants. Face à ce tableau sombre, les ressources financières demeurent dérisoires, avec des dépenses publiques moyennes inférieures à 0,07 dollar USD par habitant pour la santé mentale.
La directrice du renforcement des capacités et de l’expérience vécue au Wellcome Trust, Dr Kate Martin, a insisté sur la nécessité de financer des politiques concrètes plutôt que de simples projets pilotes. L’organisation philanthropique prévoit d’investir environ 16 milliards de livres sterling sur 10 ans pour relever les grands défis sanitaires mondiaux, dont la santé mentale. Les intervenants s’accordent à dire qu’une intégration multisectorielle, touchant aussi bien l’éducation que la santé des femmes, est la clé du succès.
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Dans ce paysage difficile, le Togo fait figure de bon élève grâce à des réformes courageuses menées ces dernières années. Le pays a en effet déployé son Plan stratégique de santé mentale (PSSM) 2024-2027 afin de rapprocher les structures de soins des populations rurales. Le lancement récent d’un groupe de travail technique pour le soutien psychosocial démontre la volonté des autorités de structurer cette riposte nationale. Ces efforts ont été chaleureusement salués par le représentant résident de l’OMS au Togo lors de la cérémonie d’ouverture.
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Cet atelier de Lomé pose les bases de la participation africaine au prochain grand rendez-vous mondial de la discipline. Les délégations de l’Afrique de l’Ouest et du Centre préparent activement des feuilles de route nationales pour atteindre les objectifs régionaux fixés à l’horizon 2030. Ces travaux constituent une étape majeure avant le septième Sommet ministériel mondial sur la santé mentale, qui se tiendra pour la toute première fois sur le sol africain, au Rwanda, en 2027.

