À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée le 3 mai, l’Observatoire togolais des médias (OTM) a publié son rapport annuel couvrant la période de mai 2025 à mai 2026. Un document dense qui dresse le portrait d’un secteur en transition, partagé entre avancées notables et fragilités persistantes.
Premier signal encourageant : l’amélioration du classement du Togo en matière de liberté de la presse. Le pays gagne 24 places, passant de la 121ᵉ à la 97ᵉ position mondiale. Une progression qui traduit certains efforts en matière d’ouverture de l’espace médiatique, dans un contexte international pourtant marqué par un recul global des libertés.
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Sur le plan interne, le paysage médiatique togolais apparaît dynamique, avec une centaine de radios, une dizaine de télévisions et plus d’une centaine de médias en ligne. Toutefois, cette vitalité masque des déséquilibres, notamment une forte concentration des organes à Lomé, au détriment d’une couverture équitable du territoire.
Le rapport souligne également les effets du nouveau Code de la presse et de la communication, entré en vigueur en 2023. Celui-ci impose une transformation des médias en sociétés de presse, tout en renforçant les mécanismes de régulation. Dans cette dynamique, la Haute Autorité de l’audiovisuel et de la communication, appelée à devenir HARC, voit ses compétences élargies, notamment sur le numérique.
Mais cette évolution n’est pas sans zones d’ombre. L’exclusion des réseaux sociaux du champ du Code de la presse suscite des inquiétudes. Les journalistes y sont désormais soumis au droit commun, avec des risques de sanctions pénales en cas de dérives, ce qui alimente un climat d’autocensure.
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Sur le plan des relations institutionnelles, le dialogue avec le gouvernement est jugé globalement apaisé, bien que des tensions subsistent avec certains acteurs politiques et locaux. Par ailleurs, le rapport note une baisse des plaintes auprès de la HAAC, mais une hausse des contentieux judiciaires impliquant des médias.
Face à ces défis, l’OTM formule plusieurs recommandations, parmi lesquelles la viabilité économique des entreprises de presse, la transparence dans leur gestion et le renforcement de l’éducation aux médias.
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Au final, le rapport met en lumière une presse togolaise résiliente, engagée dans une mutation profonde. Entre exigences de professionnalisation, contraintes économiques et enjeux numériques, l’avenir du secteur dépendra de sa capacité à conjuguer liberté, responsabilité et adaptation.

