Réunis à Lomé pour une session spéciale consacrée au financement de l’Ohada, les ministres des Finances des États membres et les experts de l’organisation ont affiché leur volonté de renforcer l’autonomie financière de l’institution afin de garantir sa pérennité et son efficacité au service de l’intégration africaine.
Les travaux, présidés par le ministre togolais des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, co-président en exercice du Conseil des ministres de l’Ohada, ont débouché sur plusieurs orientations majeures. Les États membres se sont engagés à appliquer un financement autonome de l’organisation, à régulariser leurs contributions et à apurer progressivement les arriérés à travers des mécanismes adaptés.
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Les participants ont également validé le principe du passage du secrétariat permanent au Budget-Programme à l’horizon 2028, ainsi que la mobilisation de ressources innovantes, notamment à travers une redevance Ohada, la numérisation du registre du commerce et du crédit mobilier et la création d’un fonds de dotation.
Dans son intervention, le secrétaire permanent de l’Ohada, le professeur Mayatta Ndiaye Mbaye, a rappelé que l’organisation traverse une période financière délicate malgré son rôle central dans l’amélioration du climat des affaires en Afrique. Selon lui, une Ohada plus forte contribuerait davantage à la sécurité juridique, à la transparence économique et au développement des États membres.
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Le responsable a plaidé pour une implication accrue des ministères des Finances afin d’adapter les actions de l’organisation aux réalités économiques actuelles. Il a également insisté sur la nécessité d’identifier de nouvelles sources de financement capables de soulager les États tout en renforçant les capacités opérationnelles de l’institution.

Pour Essowè Georges Barcola, cette session devait être « celle du courage, de la lucidité et de l’innovation ». Le ministre a estimé qu’une organisation aussi stratégique ne pouvait dépendre durablement de financements extérieurs incertains. Il a appelé à explorer des mécanismes alternatifs fondés sur des contributions volontaires des acteurs économiques, des redevances sur certains actes juridiques et le développement de financements liés au numérique et à la transition écologique.
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À l’issue des travaux, les participants ont réaffirmé leur engagement en faveur d’une Ohada financièrement souveraine, considérée comme un levier essentiel de l’intégration économique et juridique du continent africain.

