Selon la Fondation Konrad-Adenauer, l’enjeu n’est plus l’adoption de l’IA dans les rédactions, mais les conditions de son usage responsable, alors que la formation des journalistes est en retard.
Une nouvelle étude publiée par la Fondation Konrad-Adenauer met en lumière l’usage croissant de l’Intelligence artificielle (IA) dans les rédactions sud-africaines, offrant des gains d’efficacité significatifs tout en soulevant des inquiétudes concernant la formation, l’éthique et la confiance. Fondé sur des entretiens avec des journalistes et des responsables éditoriaux, le rapport décrit une large utilisation d’outils d’IA pour accélérer des tâches répétitives — recherche, synthèse, transcription ou rédaction —, malgré une adoption encore informelle et inégale selon les médias.
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L’étude souligne que le manque d’encadrement dans l’utilisation de l’IA comporte des risques de contenus inexacts ou trompeurs, de plagiat et d’atteintes aux droits d’auteur, ainsi que d’érosion des normes et des compétences journalistiques, susceptibles d’entraîner un recul de la confiance du public envers les médias. Malgré ces préoccupations, les journalistes reconnaissent le potentiel de l’IA pour renforcer le journalisme, en particulier dans les environnements aux ressources limitées. L’IA peut aider à la production de contenus, notamment pour des enquêtes complexes, augmentant potentiellement la capacité des rédactions.
La plupart des médias sud-africains ne disposent pas de directives officielles concernant l’IA
Selon la Fondation Konrad-Adenauer, l’une des conclusions les plus marquantes du rapport est l’absence de politiques formelles relatives à l’IA dans la plupart des médias sud-africains. Cette adoption est souvent portée par l’initiative individuelle des journalistes plutôt que par une stratégie institutionnelle. Le rapport préconise un usage responsable de l’IA, fondé sur des formations pratiques pour les journalistes, des lignes éditoriales claires, le développement d’outils adaptés aux contextes africains, ainsi que des cadres éthiques renforcés pour garantir l’exactitude, la responsabilité et la confiance du public.
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« L’IA offre d’énormes opportunités pour un meilleur journalisme, mais sans formation, sans directives claires et sans outils adaptés aux contextes locaux, elle comporte des risques importants », a déclaré Hendrik Sittig, directeur du programme régional pour les médias en Afrique subsaharienne de la Fondation. Le rapport, rédigé par Karen Allen, Herman Wasserman et Nande Mbekela, fournit l’un des premiers états des lieux complets sur la manière dont les journalistes sud-africains de la presse écrite, de l’audiovisuel et des médias numériques utilisent l’IA dans leur travail quotidien.
dpa

