Kpalimé, les 18 et 19 juin derniers. Les filières café et cacao étaient au centre d’échanges et d’immersions intenses ayant drainé quelque soixantaine de journalistes venus de tous les coins agricoles du Togo.
Bien plus que de produits de consommation courante, le café et le cacao incarnent des enjeux économiques que des spéculations boursières sérieuses et permanentes confirment. C’est pourquoi, il demeure important que le traitement médiatique de ces filières ne se cantonne plus, comme on le constate souvent, aux simples faits et chiffres des campagnes de commercialisation ou aux fluctuations des cours mondiaux. Étant donné qu’ils représentent, non seulement le poumon économique de nombreuses nations, mais font vivre des millions de petits producteurs.
Le Comité de coordination pour les filières café et cacao (CCFCC) est bien conscient de la place centrale des médias dans l’accompagnement, la promotion et le rayonnement de ce sous-secteur. Et ce n’est pas son partenaire, l’agence Agri Média qui dirait le contraire. Ainsi unis autour de cet enjeu, tout comme, autour d’une tasse de café, les deux structures ont ainsi réussi à donner corps à ces deux journées de réflexions et d’interactions – sinon de renforcement des capacités destiné aux journalistes – centrées sur l’économie du café et du cacao permettant d’éplucher des questions cruciales qui agitent ces filières.

Des journalistes dans les champs de café-cacao
Axée sur le rôle des médias dans l’essor agricole, la session a visé à doter les participants d’une maîtrise approfondie de ces deux cultures de rente essentielles pour l’économie togolaise. Il était ainsi évident que l’évolution du système de commercialisation de ces deux cultures de rente au Togo a pu retenir les attentions et susciter beaucoup de discussions. Entre l’ancien monopole de l’État et le modèle actuel de libéralisation, les intervenants ont pu présenter les avantages et limites de chaque système.
Monopole ou libéralisation, l’éternelle bataille
On peut ainsi retenir que, si le monopole d’État constitue un meilleur contrôle de la filière, la libéralisation, reste en vérité un cadre imposés par les bailleurs de fonds du pays.
Faut-il refaire l’histoire, avec la commercialisation du café et du cacao qui était assurée par l’Office des Produits Agricoles du Togo (OPAT) avant les réformes économiques des années 1990 ? avec le contrôle de L’État sur l’ensemble de la chaîne de commercialisation et le diktat des prix d’achat aux producteurs.
Ce système avait l’avantage de mobiliser d’importantes ressources financières qui servaient notamment à l’entretien des pistes rurales, à l’appui technique des producteurs et au financement de diverses infrastructures agricoles.

En revanche, les prix fixés aux producteurs restaient relativement faibles comparativement aux revenus générés par la commercialisation des produits sur le marché international.
Cependant, avec les programmes d’ajustement structurel soutenus par les institutions financières internationales, plusieurs pays africains, dont le Togo, ont été amenés à ouvrir leurs filières agricoles à la concurrence.
L’objectif : permettre aux producteurs de bénéficier directement de meilleures rémunérations grâce aux mécanismes du marché.
« La transition vers la libéralisation n’a pas véritablement été un choix pour nos pays. Les discussions avec les bailleurs de fonds ont conduit les États à adopter ce nouveau modèle économique », a toutefois observé avec sagesse M. Lawson, l’une des pontes de la filière au Togo.
Ouverture…
A l’ouverture, Dr Adden Ayi Koffi, secrétaire administratif du CCFCC, représentant le secrétaire général de l’institution, Enselme Gouthon, et le président d’Agri Média, Gilles Podjoley Essonana, ont salué une initiative qui mérite suivi.
Source : Togo Matin

