« Ne me raconte pas des histoires » : la phrase avait fait le tour des réseaux sociaux. Le 30 juin 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema, visiblement exaspéré par 3 ans de retard sur le chantier du futur Monument Georges Damas Aleka, avait fixé un ultimatum sans détour à l’équipe en charge des travaux : livraison le 17 août, avec une visite de contrôle programmée dès le 16. Six semaines plus tard, ce dossier connaît un tournant judiciaire.

L’architecte Erick Mauro Nguémah a été placé sous mandat de dépôt, ce vendredi 14 août, à quelques jours des célébrations de l’indépendance. La procédure s’appuie sur l’article 379 du Code pénal gabonais, relatif à l’inexécution des marchés publics. Après plusieurs heures d’audition, le tribunal de Libreville a tranché : l’architecte passe sa première nuit en détention, une information révélée par Média Afrique News et confirmée depuis par plusieurs sources judiciaires.

Erick Mauro Nguémah

Cette décision intervient  sem3aines après une première interpellation. Le 27 juillet, l’architecte avait déjà été conduit à la Direction générale des recherches, où des proches du dossier évoquaient alors une simple instruction, laissant espérer une issue rapide.

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L’article 379 vise les dirigeants ayant perçu un paiement sans exécuter les travaux correspondants. La peine encourue atteint 7 ans d’emprisonnement, assortie d’une amende pouvant s’élever à 20 millions de francs CFA. L’entreprise concernée pourrait également être contrainte de rembourser les sommes perçues, en plus d’éventuels dommages-intérêts civils.

Monument Damas Aleka

Sur l’esplanade, pourtant, le chantier avance à un rythme soutenu. Un groupement d’entreprises, sans lien avec l’architecte inculpé, a repris les travaux en urgence. Selon le conducteur de chantier, interrogé par l’influenceur Yannick Ndong Mba, l’édifice de 40 mètres devrait être prêt le 16 août, un calendrier serré qui illustre l’ampleur du retard accumulé en 3 années de travaux inachevés.

Ce 16 août, le président a visité l’infrastructure qui est enfin prête.

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Ce dossier n’en est pas à sa première controverse. Début juillet, un mémorandum de l’Ordre gabonais des architectes avait déjà fait polémique, pointant un budget réduit, des délais compressés et des modifications imposées, provoquant une riposte du Conseil national de l’Ordre, qui avait dénoncé des propos jugés excessifs.

Avec ce mandat de dépôt, le dossier du Monument Damas Aleka, hommage à l’ancien président de l’Assemblée nationale et compositeur de l’hymne national, entre dans une phase désormais judiciaire, où se mêlent pression politique, urgence calendaire et zones d’ombre persistantes.

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