L’aquaponie est un système durable et écologique, combinant l’élevage de poissons (aquaculture) et la culture de plantes (hydroponie) en circuit fermé.
Produire des aliments sains tout en préservant les ressources naturelles, c’est l’ambition de l’Ivoirienne Corinne Ntapké, à travers sa ferme aquaponique. Située à Bingerville, dans la périphérie d’Abidjan (sud), cette ferme à vocation pédagogique et écotouristique combine élevage de poissons et culture de plantes hors sol dans un système circulaire respectueux de l’environnement. Elle permet de produire simultanément légumes, plantes aromatiques et poissons, sans recourir aux engrais chimiques ni aux pesticides.
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Cumulant plus de vingt ans d’expérience dans les secteurs de l’informatique et des télécommunications, Corinne nourrit depuis longtemps une passion pour l’agriculture urbaine et l’autonomie alimentaire. Ses premières expérimentations en hydroponie, menées en autodidacte, lui ont permis d’atteindre une production domestique de légumes. Mais c’est sa rencontre, en 2024, avec Ludovic Leclerc Gnagui, technicien en aquaponie, qui marque un tournant décisif. Séduite par cette technique plus écologique, elle décide de s’y consacrer pleinement.
Une ferme pilote pour démontrer le potentiel
« L’aquaponie est une solution durable qui permet de produire à la fois des protéines et des végétaux, tout en économisant l’eau et en respectant les équilibres naturels », explique-t-elle dans un entretien accordé à la dpa. Créée en 2024, la startup « AKWAPONICS SARL » se positionne comme pionnière de l’aquaponie en Côte d’Ivoire. Pour illustrer concrètement les avantages de cette technologie, ses promoteurs ont développé « l’AKWAFARM ».
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Sur cette ferme, plusieurs espèces de tilapias sont élevées, tandis que sont cultivés des légumes-feuilles, des légumes-fruits, des herbes aromatiques et des fleurs. Le système repose sur un circuit fermé où les déchets des poissons servent d’engrais naturel pour les plantes, lesquelles filtrent l’eau avant son retour dans les bassins. Ce modèle permet une utilisation optimisée de l’eau, sans perte ni intrants chimiques, offrant ainsi une production locale saine et durable.
Produire plus, avec moins d’eau
Pour l’Ivoirienne, l’aquaponie constitue une réponse concrète aux défis actuels, notamment la cherté de la vie, l’urbanisation croissante et la raréfaction des terres cultivables. « Produire plus, sur de petits espaces, avec moins d’eau et sans produits chimiques, est aujourd’hui une nécessité », souligne-t-elle, estimant que cette approche peut contribuer à renforcer la résilience alimentaire.
Au-delà de la production, Corinne entend démocratiser cette pratique à travers des formations, des stages et l’installation de systèmes domestiques ou de micro-fermes destinés aux particuliers, aux écoles et aux porteurs de projets. L’entreprise accompagne également les agripreneurs et ambitionne de renforcer la recherche et développement autour de l’aquaponie en Afrique.
« Notre objectif est d’« aquaponiser » la Côte d’Ivoire et, à terme, le reste du continent, en faisant de cette pratique une solution durable, mais aussi un véritable art de vivre », affirme l’entrepreneure.
dpa

