À mesure que le mobile money transforme les habitudes de paiement et accélère l’inclusion financière, une autre économie prospère dans l’ombre : celle des cyberescroqueries. Exploitant la confiance, l’urgence et parfois la générosité de leurs victimes, les fraudeurs perfectionnent sans cesse leurs méthodes. Réunie du 16 au 18 juin 2026 à Kpalimé, une trentaine de journalistes a été formée par l’Agence nationale de la cybersécurité (ANCy) afin de devenir des relais de sensibilisation auprès des populations.

Pour Komlan Tchalla, expert en cybersécurité à Cyber Defense Africa (CDA), le bras opérationnel de l’ANCy, les fraudeurs misent avant tout sur l’ingénierie sociale. « Ils cherchent à manipuler la victime, à créer un sentiment d’urgence ou de confiance afin qu’elle réalise elle-même la transaction par mobile money », explique-t-il.

Parmi les méthodes les plus répandues figure le faux SMS annonçant la réception d’un transfert d’argent. Quelques instants plus tard, un individu appelle, affirme s’être trompé de numéro et demande le remboursement immédiat. Sans vérifier le solde réel de son portefeuille électronique, certains utilisateurs transfèrent leur propre argent aux escrocs.

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Une variante plus sophistiquée consiste à envoyer sur le compte de la victime des fonds préalablement dérobés à un tiers. Le fraudeur sollicite ensuite leur restitution. Si la victime accepte, elle s’expose à une double perte : elle rembourse l’escroc, puis voit les fonds retirés par l’opérateur lorsque le véritable propriétaire signale le vol.

Face à ces situations, l’ANCy recommande une règle simple : ne jamais renvoyer directement un transfert inattendu. Toute personne évoquant une erreur de manipulation doit être orientée vers son opérateur, seul habilité à engager une procédure officielle de récupération.

Les victimes peuvent également saisir le Centre national de réponse aux incidents de cybersécurité (CERT), la Police judiciaire ou leur opérateur de mobile money. Selon l’expert, certaines plaintes aboutissent, mais l’issue dépend largement des circonstances. « Lorsque l’utilisateur valide lui-même la transaction après avoir été manipulé, les investigations deviennent beaucoup plus complexes », précise-t-il.

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L’agence plaide également pour une coopération renforcée entre les opérateurs, les fintechs, Cyber Defense Africa, l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) ainsi que les services de sécurité. L’objectif est d’identifier rapidement les opérations suspectes afin de bloquer les fonds avant qu’ils ne soient retirés.

Phishing, rançongiciels et hygiène numérique : les autres visages de la menace

Au-delà du mobile money, les participants ont été sensibilisés à l’ensemble des risques qui pèsent sur l’écosystème numérique. « Le phishing demeure la principale porte d’entrée des cyberattaques », a rappelé Komlan Tchalla, évoquant ces courriels, SMS ou liens frauduleux conçus pour voler des identifiants ou installer des logiciels malveillants.

Les experts ont également alerté sur la progression des rançongiciels. « Une seule pièce jointe ouverte sans vigilance peut chiffrer toutes les données d’une organisation et paralyser son activité », ont-ils expliqué.

Le directeur général de l’ANCy, le Commandant Gbota Gwaliba, a insisté sur l’importance des comportements individuels. « La majorité des cyberattaques réussissent moins en raison des failles techniques que des erreurs humaines. L’hygiène numérique est aujourd’hui aussi importante que les solutions technologiques », a-t-il déclaré.

Mettre régulièrement à jour les ordinateurs, utiliser des antivirus fiables, activer l’authentification à double facteur, protéger ses mots de passe et éviter les réseaux non sécurisés figurent parmi les réflexes essentiels rappelés aux journalistes.

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À mesure que le mobile money, le commerce électronique et les services numériques s’imposent dans le quotidien des Togolais, la cybersécurité devient un enjeu collectif. Pour l’ANCy, la meilleure protection demeure une population informée. Plus les citoyens connaissent les méthodes des cybercriminels, plus ils réduisent les risques de voir disparaître, en quelques instants, le fruit de longues années d’efforts.

Pour finir, des attestations de formations ont été remises aux différents journalistes participants.

 

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