Le gouvernement togolais souhaite réorienter le financement bancaire vers les secteurs les plus créateurs de richesse et d’emplois. À l’ouverture de la deuxième session ordinaire 2026 du Conseil national du crédit (CNC), le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a exhorté les établissements financiers à renforcer leur soutien aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), au secteur agricole et au logement afin de consolider la résilience économique du pays.
Présidant les travaux au nom du ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, empêché, le ministre a souligné que la transformation économique engagée par le Togo doit davantage bénéficier aux populations. Il a cité, à cet effet, la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), qui favorise la transformation locale des matières premières, ainsi que le Port autonome de Lomé, dont les performances renforcent le rôle du pays comme plateforme logistique régionale.
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Pour Badanam Patoki, les progrès économiques ne prendront tout leur sens que si le crédit devient un véritable levier de développement pour les artisans, les agriculteurs, les ménages et les entrepreneurs. Il a relevé plusieurs signaux encourageants à fin mars 2026, notamment une utilisation des services bancaires numériques atteignant 32,2 %, une baisse du taux d’intérêt moyen à 7,5 % et une progression continue de l’épargne bancaire et de la microfinance.
Le ministre a toutefois mis en évidence un paradoxe. Alors que les institutions de microfinance ont augmenté leurs crédits de 30 %, les banques ont réduit les leurs de 15 %, privilégiant davantage les placements sur les marchés financiers régionaux. Il a invité les établissements bancaires à s’appuyer sur l’Agence de développement des très petites, petites et moyennes entreprises (ADTPME) et sur les rapports du Bureau d’information sur le crédit (BIC) afin de mieux sécuriser le financement des TPME.
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Les statistiques présentées montrent également que l’agriculture ne reçoit que 1,5 % des concours bancaires et le logement 1,1 %, tandis que près de 70 % des nouveaux crédits profitent à un nombre limité de grandes entreprises. Face à cette situation, le gouvernement plaide pour une meilleure répartition des financements afin de soutenir les secteurs les plus porteurs en matière d’emploi et de croissance.

Préoccupé par la dégradation du portefeuille bancaire, dont le taux brut atteint 13,4 %, Badanam Patoki a appelé les banques concernées à renforcer leurs stratégies de recouvrement pour ramener ce ratio sous la barre des 5 % d’ici à 2027. Il les a également encouragées à recourir davantage aux mécanismes de garantie proposés par le Mifa, le Fagace, le Fonds de solidarité africain et African guarantee fund west africa afin de limiter les risques liés au financement des filières agricoles et industrielles.
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Les travaux du Conseil ont porté notamment sur l’évolution de la situation économique et monétaire à fin mars 2026 ainsi que sur l’adoption d’un plan d’action destiné à accélérer la digitalisation des paiements. La session a également été marquée par la première participation du nouveau directeur national de la Bceao au Togo, Ekoué Djro Glokpor, qui a réaffirmé son engagement à contribuer efficacement aux missions du Conseil.

