Vers une solution pour le cinéma made in Africa. Les films africains peinent en effet encore à franchir les frontières, faute de circuits de distribution structurés et de solutions de localisation adaptées.

Favoriser la circulation des films africains sur le continent et à l’international, tout en valorisant les langues locales, est l’ambition portée par le Sénégalais Modou Lolly Sarr. Modou est le promoteur de « Wawaw Sénégal », une entreprise qui se présente aujourd’hui comme une infrastructure de distribution, de localisation et d’exportation du cinéma africain. Proposant initialement une plateforme de streaming dédiée aux productions africaines, le projet a progressivement évolué après le constat que les difficultés du secteur ne se limitaient pas à la diffusion.

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« Les contenus existent, mais leur accès aux marchés internationaux, leur adaptation linguistique et leur distribution restent insuffisamment structurés », indique Modou dans un entretien accordé à la dpa. « Wawaw Sénégal » a ainsi développé une chaîne intégrée couvrant la localisation des œuvres en langues africaines, la distribution sur plusieurs canaux, l’exportation vers les marchés étrangers ainsi que le développement d’outils technologiques liés à l’intelligence artificielle.

Structurer la distribution du cinéma africain

Le modèle repose sur plusieurs étapes, allant des avant-premières et sorties en salles à la distribution numérique, en passant par la commercialisation auprès de la diaspora et la cession de droits à des chaînes africaines et internationales. « Cette approche permet d’allonger la durée de vie des œuvres et de diversifier les sources de revenus des créateurs », explique le Sénégalais, qui bénéficie de l’accompagnement d’institutions sénégalaises telles que la Délégation générale à l’entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ), la Direction de la cinématographie (DCI) et le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle (FOPICA).

L’entreprise mise également sur la localisation linguistique afin de toucher un public plus large. Elle travaille notamment au doublage de contenus en wolof, avant d’étendre cette démarche à d’autres langues africaines.

Un dataset vocal africain pour l’IA

Le doublage en wolof du film « Fast & Furious 9 » constitue l’une des premières démonstrations de cette stratégie. « Cette initiative illustre le potentiel des langues africaines dans la diffusion de productions internationales et ouvre la voie à de nouveaux modèles de distribution adaptés aux réalités du continent », déclare Modou.

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Parallèlement, sa société développe des solutions destinées à exporter les productions africaines vers les marchés internationaux grâce à leur adaptation dans d’autres langues. Au-delà du cinéma, Wawaw travaille à la constitution d’une base de données vocales destinée aux applications d’intelligence artificielle. Plus de 300 heures d’enregistrements, accompagnées de scripts structurés, ont déjà été collectées.

Ces données ont vocation à servir au développement de modèles vocaux en langues africaines par les entreprises spécialisées dans l’IA. À terme, Modou ambitionne de faire de son entreprise une infrastructure panafricaine de distribution et de localisation des contenus audiovisuels.

dpa

 

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