Le paysage politique togolais est en deuil. Le sénateur Abass Frédéric Essokowo Kaboua, président du Mouvement des Républicains Centristes (MRC), s’est éteint, des suites d’une maladie qui l’affaiblissait depuis plusieurs mois. Sa disparition marque la fin d’un parcours atypique, à la croisée de l’engagement politique, de l’administration publique et de l’action sociale.
Né le 27 avril 1962, fils d’Adamou Kaboua, ancien haut responsable administratif, Abass Kaboua s’est construit un profil solide, nourri par une formation en marchandisage acquise en France, entre Nancy et Paris, et par une expertise d’ingénieur en agriculture. Cette double compétence a façonné un homme à la fois technicien et acteur politique.
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Son parcours professionnel débute au sein du ministère de la Justice, avant qu’il ne devienne directeur des études à la direction de l’administration pénitentiaire. Mais c’est en politique qu’il s’impose véritablement. Fondateur du MRC, il s’engage très tôt dans le débat public, se distinguant par des prises de position tranchées sur les réformes institutionnelles et les enjeux démocratiques.
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Élu député, notamment pour la circonscription de Danyi, Abass Kaboua, a mené plusieurs actions sociales en faveur de ces populations. Il incarne pendant plusieurs années une voix critique, avant d’être nommé sénateur en 2024, dans le contexte de la Cinquième République. Soutien assumé des nouvelles institutions, il défendait une lecture pragmatique des évolutions politiques du pays.
Personnalité parfois controversée, Abass Kaboua n’en demeurait pas moins un acteur engagé, proche de ses bases. Ses actions sociales, notamment en faveur de l’éducation dans sa région d’origine, témoignent d’un ancrage local constant.
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Avec sa disparition, c’est une figure singulière qui s’efface, laissant derrière elle un héritage politique fait de convictions, de débats et d’engagement.

