À l’heure où le numérique irrigue les économies africaines, une réalité s’impose : l’usage d’Internet progresse vite, mais la culture de la sécurité peine à suivre. Une enquête téléphonique d’Afrobarometer, menée dans 7 pays du continent, met en lumière ce paradoxe.
Entre le 6 septembre et le 8 novembre 2024, des échantillons nationaux de 1.200 adultes ont été interrogés en Angola, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Nigéria, au Sénégal et en Tanzanie. Tous ont en commun de posséder un téléphone mobile et de consulter du contenu en ligne.
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Premier constat : la connexion est devenue une habitude. En moyenne, parmi les adultes qui accèdent à Internet, « une grande majorité (84%) déclarent le faire “tous les jours” ou “quelques fois par semaine” ». Le téléphone portable domine largement les usages (85%), et les jeunes de 18 à 35 ans sont les plus assidus.

Les réseaux sociaux constituent la principale porte d’entrée vers l’information : « plus de huit répondants sur 10 (82%) déclarent s’informer “quelques fois par semaine” ou “tous les jours” via les réseaux sociaux ». Pourtant, derrière cette familiarité numérique se cache une inquiétude diffuse : « plus de la moitié (52%) se disent préoccupés par la sécurité de leurs informations personnelles en ligne », et 81% estiment que le téléphone est l’appareil le plus vulnérable.
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Le contraste est saisissant lorsqu’on examine les pratiques de protection. Seul « environ un tiers (32%) » affirme connaître les outils pour protéger sa vie privée. Certes, 72% disent utiliser des mots de passe forts, mais des dispositifs plus robustes restent marginaux : « l’authentification à deux facteurs (33%), les logiciels antivirus (30%) et les réseaux privés virtuels (VPN) (21%) ».

Autre fragilité : les sources d’apprentissage. La majorité s’appuie sur « les médias sociaux (60%) » et « leurs amis et leur famille (62%) », bien davantage que sur des ressources structurées comme les tutoriels en ligne ou le cadre professionnel.
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Limitée à 7 pays et aux adultes de plus de 17 ans, l’enquête n’en révèle pas moins « d’importantes lacunes en matière de culture numérique ». À mesure que l’empreinte digitale de l’Afrique s’étend, l’enjeu n’est plus seulement de connecter, mais de protéger.

