Son entreprise entend réduire les déchets agricoles tout en créant des débouchés économiques pour les jeunes et les femmes.

Au Togo, les troncs de bananiers, souvent abandonnés après les récoltes, connaissent une seconde vie. À travers son entreprise, l’entrepreneure Rachel Abra Badohoun fabrique des emballages biodégradables, du papier écologique et des fibres végétales à partir de ces résidus agricoles. Basée à Lomé, sa start-up « Banafib Fabrick » s’inscrit dans une démarche d’économie circulaire visant à valoriser des ressources agricoles peu exploitées tout en proposant des alternatives aux emballages plastiques.

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Son objectif est de réduire les déchets agricoles et la dépendance aux plastiques à usage unique, tout en créant des opportunités économiques locales pour les jeunes et les femmes. « Bien que la production, l’importation, la distribution et la commercialisation des sachets plastiques non-biodégradables soient interdites au Togo depuis 2011, leur utilisation demeure encore visible dans plusieurs villes du pays. Selon les estimations officielles, plus de deux millions de sachets plastiques sont rejetés chaque jour sur le territoire togolais, alors que le taux de recyclage demeure très faible.

Des résidus agricoles à forte valeur ajoutée

« Nous voulons démontrer que les déchets agricoles peuvent devenir une source de valeur économique et environnementale pour les communautés locales », explique Rachel dans un entretien accordé à la dpa. Ce projet est né d’un constat observé dans plusieurs zones agricoles togolaises. En effet, après les récoltes, les troncs de bananiers sont généralement laissés dans les champs ou détruits, alors qu’ils contiennent des fibres naturelles pouvant être utilisées dans diverses applications industrielles », ajoute-t-elle.

À partir de cette matière première, Banafib Fabrick développe des fibres végétales destinées à la fabrication d’emballages biodégradables, de papier artisanal et d’autres produits écologiques. Les résidus issus du processus de transformation sont ensuite valorisés sous forme d’engrais organiques. Encore en phase de structuration, l’entreprise a déjà réalisé plusieurs prototypes et mené différents tests de produits.

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Le projet a participé à plusieurs programmes d’incubation et d’accompagnement consacrés à l’entrepreneuriat durable. En 2024, il a notamment été distingué lors d’un hackathon dédié aux innovations à impact environnemental. L’entreprise collabore progressivement avec des coopératives agricoles féminines dans les régions Maritime et des Plateaux afin de développer une chaîne d’approvisionnement locale autour des fibres végétales.

Structurer une activité en pleine croissance

« Nous constatons un intérêt croissant de la part d’entreprises, d’organisations et d’acteurs sensibles aux enjeux environnementaux », se félicite la Togolaise. À terme, l’entrepreneure ambitionne d’augmenter ses capacités de production, d’élargir la gamme de fibres utilisées, notamment celles issues du bananier et de l’ananas, et de contribuer à l’émergence d’une industrie africaine fondée sur la valorisation des ressources agricoles locales.

Par Marwa Dellagi

dpa

 

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