Il associe irrigation photovoltaïque, accompagnement des petits producteurs et diffusion d’un cuiseur capable de fonctionner sans combustible.

Cuire sans bois, sans charbon et même après le coucher du soleil, c’est le pari réussi du Togolais Salma Bougoune, qui a développé un cuiseur solaire capable de stocker la chaleur, dans le cadre d’un modèle qui associe énergie renouvelable, agriculture et amélioration des revenus des petits producteurs.

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Baptisé « Cuiseur Solaire Électrique Isolé » (ISEC), le dispositif constitue le produit phare d’OSMER SARL, fondée par Salma en 2018, et de la coopérative SCOOPS Missionnaires de Développement, créée en 2025 pour renforcer la dimension sociale du projet.

Le cuiseur fonctionne en emmagasinant la chaleur produite grâce à l’énergie solaire afin de la restituer pour la cuisson, y compris lorsque l’ensoleillement a cessé. « L’objectif est notamment de réduire le recours au bois et au charbon de bois, sources de fumée et de pression sur les ressources forestières, tout en diminuant les dépenses liées à la cuisson », explique l’entrepreneur dans un entretien accordé à la dpa.

De l’énergie à l’agriculture

L’idée du modèle développé par la coopérative est toutefois d’aller au-delà de la seule diffusion de cuiseurs. Elle repose sur un mécanisme reliant production agricole et accès à une énergie de cuisson propre.

L’expérience a commencé en 2021 avec la distribution de lampes solaires à crédit à des petits producteurs. Incapables de rembourser leurs équipements après trois mois en raison de récoltes insuffisantes, plusieurs agriculteurs ont expliqué que leur principal besoin était d’abord l’accès à l’eau pour pouvoir produire davantage.

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Cette expérience a conduit Salma à revoir son approche. L’irrigation solaire doit désormais permettre aux producteurs d’augmenter leurs revenus, qui peuvent ensuite servir à financer l’acquisition d’un cuiseur ISEC selon un système de paiement après récolte.

La coopérative accompagne ainsi les petits producteurs, en particulier les femmes et les jeunes, à travers une ferme-école, l’irrigation solaire, l’agroécologie et un contrat de production solidaire prévoyant un partage à parts égales des bénéfices.

Un dispositif déjà expérimenté

Le modèle a déjà donné lieu à plusieurs réalisations. Une ferme-école équipée de deux forages solaires couvre quatre hectares, tandis que 20 systèmes d’irrigation solaire ont été installés. Une cinquantaine de cuiseurs ISEC ont également été fabriqués et diffusés, touchant environ 350 personnes.

Le cuiseur est protégé par un brevet de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), obtenu en avril 2024 et valable dans 17 pays africains. La prochaine étape doit permettre de mesurer l’efficacité du modèle à plus grande échelle. La coopérative prépare un programme pilote de 24 mois à Kpétansi, dans la préfecture d’Agou, auprès de 32 agriculteurs, dont 75 pour cent de femmes.

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À plus long terme, Bougoune veut transformer cette expérimentation en un modèle reproductible sous forme de franchises. « L’objectif affiché est de toucher 384 agriculteurs lors de la première année de mise à l’échelle, puis 4 096 la deuxième année, avant d’atteindre 20 000 agriculteurs en 2030 et 50 000 en 2035 », souligne-t-il.

dpa

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