Accessible sur une plateforme en ligne, l’initiative invite les participants à enregistrer des phrases, transcrire des audios et traduire des textes. Elle constitue la première étape du programme « Voix du Togo », prévu sur 3 ans, avec pour ambition de faciliter l’accès aux services publics, aux soins de santé et à la justice pour les personnes peu familiarisées avec le français.
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Les applications envisagées sont concrètes. Un patient pourrait décrire ses symptômes dans sa langue, tandis qu’un usager pourrait effectuer oralement une démarche administrative. La traduction de dépositions judiciaires vers le français figure également parmi les usages possibles. Le programme entend, en parallèle, contribuer à la documentation et à la préservation du patrimoine linguistique national.
Pour chaque langue, les objectifs de collecte comprennent 50 heures d’enregistrements audio validés, 6 000 paires de phrases traduites et des contributions d’au moins 500 locuteurs. Des linguistes et les communautés concernées vérifieront les données avant l’entraînement des modèles, auquel participeront étudiants, chercheurs, développeurs et start-up.
La phase pilote, prévue sur un mois, porte sur l’éwé, le kabyè et le moba. La collecte doit ensuite s’étendre aux 47 autres langues nationales. Des agents de terrain seront mobilisés pour toucher les populations ayant un accès limité au téléphone et à Internet.
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Pour la ministre Cina Lawson, cette démarche consiste à transmettre aux machines les connaissances linguistiques des communautés. Elle s’inscrit dans la stratégie nationale d’intelligence artificielle, qui ambitionne de faire du Togo un pôle de référence régional d’ici à 2030.

