Dans la préfecture de Mô, au cœur de la région centrale, Souroukou se présente comme une localité aux ressources agricoles importantes, mais encore confrontée à l’enclavement. Situé sur l’axe Bassar-Tindjassi, à environ 105 kilomètres, ce village est présenté comme le premier foyer humain de peuplement de la préfecture. En donnant la parole à un natif de la localité, AgriDigital met en exergue ce lieu pittoresque au Togo.

Selon Kloun Bayé, natif de Souroukou et ancien maire de la commune Mô 1, le nom originel serait « Souloukou », dérivé du verbe tèm « Soulouki », qui signifie se rassembler. La tradition rapporte que les ancêtres, installés sur la montagne, auraient rejoint la plaine après des affrontements, attirés par les conditions favorables du site. La cascade locale aurait également joué un rôle dans leur installation et dans la protection du territoire contre plusieurs envahisseurs, notamment les Dagomba.

Kloun Bayé

Aujourd’hui, Souroukou conserve une identité majoritairement tèm, tout en accueillant des populations bassar et kabyè. Son économie repose principalement sur l’agriculture, qui a progressivement remplacé la chasse, autrefois pratiquée dans les villages proches du parc national de Fazao-Malfakassa.

Les terres agricoles s’étendent sur de vastes espaces. Les producteurs cultivent notamment l’igname, le manioc, le maïs, le riz et, occasionnellement, l’arachide. Le climat et les précipitations régulières favorisent les récoltes, même si des poches de sécheresse, parfois longues de 2 à 3 semaines, perturbent désormais les saisons agricoles.

La localité se distingue aussi par la préservation de son couvert végétal. Selon Kloun Bayé, les interdits traditionnels et les sanctions appliquées contre les exploitations illégales ont contribué à protéger les espaces naturels et les flancs montagneux.

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Cependant, l’accès aux marchés demeure une difficulté majeure. L’état de la route complique l’évacuation des productions et renforce les liens économiques avec le Ghana voisin, plus proche que certaines villes togolaises. L’usage du cedi illustre cette proximité transfrontalière.

Cascade de Souroukou

Des signes d’amélioration suscitent toutefois l’espoir. La construction du grand pont sur le Mô, le projet d’aménagement de la route Bassar-Tindjassi et la réalisation d’une bretelle de 2,6 kilomètres vers Souroukou sont perçus comme des avancées. L’électrification de la zone constitue également un changement important pour les habitants et les producteurs.

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Pour les agriculteurs, ces infrastructures pourraient réduire les coûts de transport, faciliter l’acheminement des récoltes et ouvrir davantage la localité aux échanges commerciaux. Elles permettraient aussi de mieux valoriser les potentialités touristiques, notamment la cascade et les sites situés derrière la montagne. Le développement de Souroukou dépendra ainsi de la transformation de ses ressources en opportunités durables pour les communautés locales concrètes.

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