À partir de la rentrée universitaire 2026, la France entre dans une nouvelle phase de sa politique d’accueil des étudiants internationaux. Un décret publié le 19 mai 2026 met fin à la pratique généralisée des exonérations de droits différenciés pour les étudiants extracommunautaires, instaurés en 2019 mais largement contournés jusqu’ici par les universités.
Désormais, les étudiants originaires de pays hors Union européenne devront s’acquitter de frais annuels de 2 895 euros en licence, contre 178 euros pour les étudiants européens, et 3 941 euros en master contre 254 euros. Une hausse significative qui marque un tournant dans la stratégie française de financement de l’enseignement supérieur.
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Jusqu’à présent, près de 90 % des étudiants concernés bénéficiaient d’exonérations locales, rendant le dispositif quasi inopérant. Le nouveau texte encadre strictement ces dérogations et en limite fortement l’usage. Les universités ne pourront exonérer qu’un quota de 30 % d’étudiants extracommunautaires en 2026-2027, puis 25 % en 2027-2028, et 20 % à partir de 2028-2029.
Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de renforcer les ressources propres des établissements, dont la totalité a enregistré des déficits en 2026. Il s’agit aussi, selon les autorités, de mieux cibler les profils d’étudiants internationaux à forte valeur académique ou économique.
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Toutefois, les universités expriment de vives inquiétudes. France Universités alerte sur un possible recul de l’attractivité de la France face à d’autres destinations plus compétitives. Plusieurs établissements dénoncent également une mesure susceptible d’accentuer les inégalités d’accès.
Le décret prévoit néanmoins des protections transitoires. Les étudiants déjà exonérés en 2025-2026 conserveront leur statut jusqu’à la fin de leur cursus, sous conditions de continuité dans leur établissement.
Environ 320 000 étudiants étrangers sont actuellement inscrits dans le supérieur français, dont une majorité d’extracommunautaires. L’impact réel de cette réforme reste incertain, mais les autorités estiment qu’elle pourrait générer jusqu’à 250 millions d’euros supplémentaires par an.
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Au-delà des chiffres, la mesure relance le débat sur l’équilibre entre l’attractivité académique, l’équité internationale et la soutenabilité financière du système universitaire français.

