Le Palais des Congrès de Lomé accueille, depuis ce vendredi 14 août, un colloque sous-régional consacré à la « Transition alimentaire, mutations des modes de consommation et enjeux nutritionnels en Afrique de l’Ouest ». Organisée dans le cadre du Festival La Marmite (Fesma), la rencontre réunit chercheurs, acteurs de terrain et décideurs autour des défis liés à l’évolution des habitudes alimentaires, à la santé et à la durabilité des systèmes alimentaires.
À l’ouverture des travaux, le commissaire général du Fesma, Jean-Paul Agbo-Ahoélété, a souligné l’urgence d’une transformation des modèles de consommation face à la progression des maladies liées aux produits importés et ultra-transformés. Il a appelé la région à réinventer son modèle alimentaire en misant sur des produits locaux et résilients, gages d’une sécurité nutritionnelle durable. Une orientation qui place la valorisation des ressources alimentaires locales au cœur des échanges. La transition alimentaire est ainsi envisagée non seulement comme un enjeu de consommation, mais aussi de santé publique, d’économie locale et de résilience environnementale.
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Cette dimension systémique a été approfondie par le Dr Sam Bodjrenou, enseignant-chercheur à l’Université d’Abomey-Calavi, au Bénin, à l’occasion de sa communication sur les « Dynamiques des transitions alimentaires en Afrique ». Selon lui, cette transition s’accompagne d’une évolution vers des régimes plus industrialisés et des modes de vie sédentaires, aux conséquences notables sur la santé et le climat, notamment à travers les pertes post-récolte et le gaspillage. Il plaide pour une approche systémique fondée sur l’éducation nutritionnelle, afin de permettre aux populations de mieux comprendre l’impact de leurs choix alimentaires.

Les travaux du colloque abordent plusieurs axes : les dynamiques de la transition alimentaire, les enjeux nutritionnels et sanitaires, la durabilité des systèmes alimentaires, ainsi que les politiques publiques et la gouvernance. L’ambition affichée est de rapprocher recherche scientifique, décideurs publics et réalités du terrain.
Des premières interventions se dégage une conviction commune : la transition alimentaire ouest-africaine devra être à la fois sanitaire, écologique, économique et culturelle, avec le produit local, l’éducation du consommateur et l’innovation comme leviers centraux.
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Initié par l’Organisation pour l’alimentation et le développement local (Oadel), en partenariat avec le Réseau Académique pour la nutrition au Togo (ResANut) et TMSU International, l’événement se poursuit, ce samedi 15 août à Lomé.

