Selon les estimations officielles, environ 123.000 femmes et filles vivant en Allemagne étaient victimes ou menacées de mutilations génitales féminines fin 2024.
L’Allemagne renforce sa prévention des mutilations génitales féminines (MGF) auprès des diasporas africaines, en combinant information, soutien aux associations et mesures de protection dans le domaine de l’asile, a indiqué le gouvernement en réponse à une question au Bundestag, le parlement fédéral.
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Selon les estimations officielles, environ 123.000 femmes et filles vivant en Allemagne étaient victimes ou menacées de MGF fin 2024. Les autorités précisent que ce chiffre, fondé sur le Registre central des étrangers (AZR), est sous-évalué : il exclut les femmes naturalisées et celles sans statut de séjour enregistré.
Un « passeport de protection » en 17 langues
Principal outil, le « passeport de protection », dont la sixième édition est parue en décembre 2025, est conçu pour être glissé dans le passeport des jeunes filles avant des vacances ou des séjours familiaux dans le pays d’origine. Il rappelle les sanctions pénales prévues par le droit allemand, y compris pour des actes commis à l’étranger, ainsi que le risque de perdre son titre de séjour.
Traduit en 17 langues, dont l’amharique, le somali, le tigrinya, le swahili et le mandinka, ce document destiné notamment aux communautés africaines a été distribué à quelque 235.000 exemplaires depuis 2021 et téléchargé 6.132 fois.
Soutien aux associations et formation des agents
Berlin soutient par ailleurs des organisations de la diaspora et des structures d’accompagnement. L’Institut fédéral de santé publique (BIÖG) propose des plateformes d’information destinées aux femmes migrantes et aux adolescents, tandis qu’une ligne d’aide nationale offre aux femmes victimes de violences une assistance gratuite, anonyme et multilingue, 24 heures sur 24.
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Dans le domaine de l’asile, l’Office fédéral pour la migration et les réfugiés (BAMF) a formé des agents à aborder avec tact le sujet, tabou, lors des auditions, même lorsque les demandeuses ne l’évoquent pas. Il prend en charge les frais d’expertise médicale lorsqu’elle est nécessaire à la procédure.
Financements en Afrique de l’Est
À l’international, l’Allemagne finance à hauteur de 11,33 millions d’euros, pour 2024-2026, un projet régional en Éthiopie, en Somalie et au Soudan, après 5,9 millions d’euros entre 2020 et 2023. Elle a en outre engagé plus de 6 millions d’euros entre 2020 et 2027 dans le fonds conjoint UNFPA-UNICEF consacré à l’élimination des MGF d’ici à 2030.
Berlin précise qu’aucune coupe budgétaire n’a été effectuée depuis 2020 sur ces programmes internationaux. La communauté internationale vise l’abandon des MGF d’ici à 2030, dans le cadre des Objectifs de développement durable.
dpa

