Le Togo poursuit avec constance sa politique de renforcement de sa présence sur la scène internationale. Dans un contexte mondial marqué par de profondes recompositions géopolitiques, la montée en puissance des économies émergentes et la recherche de nouveaux équilibres dans les relations internationales, Lomé accorde une place croissante aux partenariats Sud-Sud et aux cadres de coopération multilatérale qui se développent en dehors des espaces traditionnels de décision.
Cette orientation diplomatique s’inscrit notamment dans le renforcement des relations du Togo avec plusieurs puissances, parmi lesquelles les États-Unis, la France, la Russie, la Chine et l’Inde. Ces relations se déploient dans des domaines aussi variés que les infrastructures, le commerce, l’investissement, l’énergie, la coopération technique, la formation et la diplomatie.
Pour Lomé, l’objectif est de multiplier les leviers de coopération et de tirer parti des nouvelles opportunités offertes par la transformation de l’économie mondiale.
Suivez notre chaîne WhatsApp ici
Cette diplomatie de diversification répond également à la volonté de mieux positionner le Togo dans un environnement international où les rapports de force évoluent rapidement. Le pays entend valoriser ses atouts, notamment sa façade maritime, le Port de Lomé, ses infrastructures logistiques et sa position géographique au sein de l’espace ouest-africain, afin de consolider son rôle de plateforme commerciale et logistique régionale.
Dans cette perspective, l’ouverture vers les grands ensembles et les nouveaux mécanismes de coopération portés par les puissances émergentes constitue un enjeu stratégique pour Lomé. La présence du Togo dans ces nouveaux espaces de dialogue international traduit ainsi sa volonté de diversifier ses partenaires, de multiplier les opportunités économiques et de renforcer son influence dans un environnement international en pleine transformation.
Le Togo au sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OSC)
Dans cette dynamique, la participation du Togo au 26ᵉ sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), prévu les 31 août et 1er septembre 2026 au Kirghizistan, revêt une importance particulière.
Ce rendez-vous multilatéral doit offrir un cadre d’échanges entre les États membres de l’organisation et les États invités autour de questions sécuritaires, économiques, diplomatiques et stratégiques. Pour le Togo, cette participation constitue une occasion de renforcer ses liens avec les puissances et les économies émergentes, tout en faisant valoir ses intérêts dans les nouvelles architectures de coopération internationale.
Lire aussi : Togo–Kirghizistan : 8 accords signés pour structurer une coopération multisectorielle
La participation du Togo aux travaux de l’OSC s’inscrit donc dans une stratégie plus large d’ouverture et de diversification de ses partenariats internationaux. Elle illustre la volonté de Lomé de renforcer sa présence dans les espaces où se dessinent progressivement les nouveaux équilibres économiques, diplomatiques et stratégiques mondiaux.
A travers cette démarche, le Togo cherche à conjuguer ouverture diplomatique, recherche d’opportunités économiques et
Outre le Togo, plusieurs autres pays doivent prendre part au format SCO+, notamment l’Égypte, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Türkiye, le Turkménistan, la Mongolie, le Vietnam et le Laos.
Le 26ᵉ sommet sera par ailleurs couplé à la cérémonie d’ouverture de la 6ᵉ édition des Jeux mondiaux nomades, un événement qui contribuera également à renforcer les échanges culturels et les interactions entre les différents pays participants.
OSC, une organisation au centre des recompositions internationales
L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) occupe désormais une place importante dans les recompositions de l’ordre international. Créée en 2001, elle s’est progressivement transformée en un vaste cadre de dialogue et de coopération entre États d’Asie et d’Eurasie. Son évolution traduit l’élargissement des dynamiques de coopération au-delà des cadres traditionnels dominés par les puissances occidentales.
L’OCS compte aujourd’hui dix États membres : la Chine, la Russie, l’Inde, l’Iran, le Pakistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et la Biélorussie.

La SCO est reconnue comme l’une des plus grandes organisations régionales au monde, avec ses États membres qui représentent environ 40 % de la population mondiale et qui constituent les plus grandes puissances politiques, économiques et militaires dans le monde.
Lire aussi : Kirghizistan : Faure Gnassingbé rend hommage aux figures historiques au complexe Ata-Beyit
À travers ses membres, l’organisation réunit des puissances démographiques, économiques, énergétiques et militaires majeures. La présence simultanée de la Chine, de la Russie et de l’Inde lui confère notamment une dimension stratégique particulière, tandis que la participation des États d’Asie centrale renforce son ancrage dans un espace situé au carrefour de plusieurs grandes routes commerciales et énergétiques.
À l’origine principalement centrée sur les questions de sécurité et de stabilité régionale, l’OCS a progressivement élargi son champ d’action. Ses activités couvrent désormais des domaines aussi variés que la sécurité, la lutte contre le terrorisme, le commerce, l’investissement, les transports, l’énergie, l’environnement, la culture, le tourisme et la coopération humanitaire. Cette diversification traduit la volonté de faire de l’organisation un instrument de coopération multidimensionnelle capable de répondre aux différentes préoccupations de ses États membres.
L’OCS affirme également son attachement au multilatéralisme, au respect de la souveraineté des États et à la recherche d’un ordre international présenté comme plus équilibré et représentatif. Dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les rivalités entre grandes puissances et la remise en question de certains équilibres internationaux, l’organisation constitue un espace de dialogue entre des pays qui souhaitent renforcer leur capacité de coopération et leur poids dans les affaires mondiales.
L’une des caractéristiques majeures de l’OCS réside par ailleurs dans l’élargissement progressif de son réseau de partenaires. Au-delà de ses États membres, l’organisation entretient des relations avec plusieurs pays bénéficiant de statuts d’observateur ou de partenaire de dialogue. Parmi eux figurent notamment l’Égypte, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Türkiye, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, le Laos et le Sri Lanka. Cette ouverture permet à l’OCS d’étendre son rayonnement au-delà de son noyau eurasiatique et de multiplier les passerelles avec d’autres régions du monde.
Cette dynamique présente un intérêt particulier pour l’Afrique. La présence de plusieurs pays africains dans les mécanismes de dialogue de l’organisation témoigne d’un intérêt croissant pour les nouvelles plateformes de coopération avec les puissances asiatiques et eurasiatiques. Dans un contexte où les pays africains cherchent eux aussi à diversifier leurs partenariats et à renforcer leur marge de manœuvre dans les relations internationales, ces nouveaux espaces peuvent offrir des opportunités en matière de commerce, d’investissement, d’infrastructures, d’énergie, de technologies et de formation.
Lire aussi : Togo-Kirghizistan : comment Robert Dussey a préparé la visite de Faure Gnassingbé à Bichkek
Dans cette perspective, l’OCS apparaît comme l’un des espaces révélateurs des transformations du système international. Sans être une alliance politique ou militaire classique, elle constitue une plateforme de concertation et de coopération entre des États aux profils différents, mais qui partagent un intérêt pour le renforcement du multilatéralisme et la diversification des partenariats.

