L’étude de l’énergétique des éléphants au Kenya apporte un nouvel éclairage au débat de longue date sur l’itinéraire emprunté par Hannibal pour franchir les Alpes, il y a 2 224 ans.
Une nouvelle étude privilégie le col de la Traversette au détriment de celui du Clapier comme l’itinéraire le plus probable emprunté par le général carthaginois Hannibal pour franchir les Alpes et envahir l’Italie en 218 av. J.-C., lors de la Deuxième guerre punique. Menée par le Centre allemand de recherche intégrative sur la biodiversité (iDiv), l’Université Friedrich Schiller d’Iéna et l’Université d’Oxford, l’étude s’est appuyée sur une approche bioénergétique pour estimer les besoins énergétiques de l’expédition, en particulier ceux des 37 éléphants d’une armée comptant environ 40 000 hommes et 7 000 chevaux.
Suivez notre chaîne WhatsApp ici
L’étude, publiée dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, désigne le col de la Traversette comme l’itinéraire le plus probable, car le plus court et le moins coûteux sur le plan énergétique. La traversée y aurait nécessité un total de 5,42 térajoules pour l’ensemble de l’armée, indique l’analyse. L’itinéraire passant par le col de Montgenèvre arrive en deuxième position avec un coût estimé à 6,02 térajoules, devant celui du col du Clapier (6,28 térajoules). Le passage par le col du Mont-Cenis se révèle le moins efficace, avec un coût énergétique évalué à 6,45 térajoules.
L’analyse renforce la thèse de la route de la Traversette
Par rapport à la route de la Traversette, les itinéraires via le col de Montgenèvre, le col du Clapier et le col du Mont-Cenis auraient nécessité respectivement 11 pour cent, 16 pour cent et 19 pour cent d’énergie supplémentaire pour l’ensemble de l’armée. Selon les simulations, les soldats auraient perdu environ 19 pour cent de leurs réserves de graisse au cours de la traversée, contre seulement quatre pour cent pour les éléphants. Ce résultat suggère que ces derniers étaient mieux adaptés à cet effort qu’on ne le pensait, expliquent les chercheurs.
Lire aussi : Histoire : les Pays-Bas restituent 133 bronzes du royaume du Bénin au Nigeria
« La question de l’itinéraire exact d’Hannibal fait l’objet de débats depuis des générations. Cette nouvelle analyse ne lève pas toute ambiguïté, mais elle renforce la thèse de la route de la Traversette en démontrant qu’elle répondait mieux aux exigences du déplacement d’une armée nombreuse », selon le co-auteur Emilio Berti, de l’iDiv et de l’Université d’Iéna.
dpa

