Le Centre et Réseau des Technologies Climatiques (CTCN), en collaboration avec le ministère de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, a procédé ce 12 juin 2026 à Lomé au lancement du projet « Résilience des pêcheurs, mareyeuses et restauration de la mangrove dans la région Maritime au Togo ».
Officiellement lancé par le Dr Bankati Bolagbédé, représentant de la Cellule nationale de veille climatique du Togo, l’atelier vise à mettre en place un cadre de concertation inclusif afin de favoriser l’adhésion, l’appropriation et l’engagement effectif de toutes les parties prenantes.
Cette rencontre marque le démarrage d’un projet qui entend répondre aux préoccupations des communautés de Kpessi 2, Togokomé 1 et Agovoudou, confrontées à la dégradation des mangroves et à ses conséquences sur leurs moyens de subsistance.
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L’ambition est de concilier restauration des écosystèmes et amélioration durable des conditions de vie des pêcheurs, des femmes mareyeuses et de leurs familles.
Selon le Dr Bankati Bolagbédé, cette initiative s’inscrit dans les orientations stratégiques du gouvernement, notamment les Contributions déterminées au niveau national (CDN), le Plan national d’adaptation aux changements climatiques, la Stratégie à long terme de développement à faible émission de gaz à effet de serre ainsi que la Stratégie nationale de gestion durable des mangroves et des écosystèmes associés.

« Le projet que nous lançons aujourd’hui s’inscrit pleinement dans cette dynamique nationale. Il vise non seulement à restaurer les mangroves dégradées de la région Maritime, mais également à renforcer la résilience des pêcheurs et des mareyeuses face aux effets des changements climatiques », a-t-il indiqué, soulignant que les initiatives communautaires de restauration, de surveillance et de gestion durable des mangroves seront au cœur de la mise en œuvre du projet.
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Il a rappelé que la restauration des écosystèmes constitue l’une des priorités majeures du gouvernement. Plus de 47 % des mangroves ont été dégradées ces dernières années, alors même qu’elles jouent un rôle déterminant dans la reproduction des espèces halieutiques, la protection contre les vents violents et les tempêtes, ainsi que dans le renforcement de l’économie locale.
« Leur restauration représente un levier important pour améliorer les conditions de vie des communautés riveraines », a-t-il affirmé.
Le projet prévoit également d’accompagner les femmes mareyeuses à travers la mise à disposition d’équipements adaptés et le renforcement de leurs capacités grâce à des formations et à un meilleur accès aux connaissances.
Une trentaine de participants prennent part à cet atelier. Ils sont issus du ministère de l’Environnement, du comité de pilotage, des organisations de la société civile telles que JVE et WEP-Togo, du cabinet international ATMOST, de la préfecture et de la mairie des Lacs 3, ainsi que de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment le Pnud, la Banque mondiale, la GIZ et l’AFD.
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L’atelier permettra de présenter les objectifs, les résultats attendus et les modalités de mise en œuvre du projet, de clarifier les rôles et responsabilités des différents acteurs, de recueillir les attentes des parties prenantes et de mettre en place le comité de pilotage.
Chef de mission du cabinet ATMOST, Dr Cheikh Dieng a souligné que la dégradation progressive des mangroves n’est pas uniquement un problème environnemental, mais qu’elle affecte directement les activités de pêche, les revenus des ménages et les perspectives économiques des communautés riveraines.
« Le présent projet ne part pas de zéro. Il s’inscrit dans une dynamique déjà existante et vise à consolider les acquis tout en apportant des réponses complémentaires aux difficultés rencontrées par les populations », a-t-il expliqué.

Pour le cabinet ATMOST, la réussite de la mission reposera sur une approche participative. Les premières étapes seront consacrées à l’écoute des communautés et à l’analyse des réalités locales afin d’identifier, avec les pêcheurs, les mareyeuses, les autorités locales et les organisations communautaires, les solutions les plus adaptées pour réduire la pression sur les mangroves et renforcer la résilience des populations face aux changements climatiques.
Le projet, financé à hauteur de 140 000 dollars américains par le CTCN dans le cadre de son assistance technique, sera mis en œuvre sur une période de 15 mois.
Son objectif est de servir de projet pilote afin de tirer des enseignements et d’élaborer, à terme, un programme de plus grande envergure pour l’ensemble des zones de mangroves du pays.
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Dans le cadre de sa mise en œuvre, 15 hectares de mangroves seront restaurés grâce à l’utilisation d’espèces locales. Les activités porteront sur la production de plants en pépinière, la régénération naturelle des propagules déjà présentes dans le milieu ainsi que le reboisement et la complantation des zones les plus dégradées.
Le projet adoptera une démarche inclusive impliquant les autorités traditionnelles, les autorités administratives, les collectivités territoriales, les pêcheurs, les femmes transformatrices et les groupes les plus vulnérables afin que personne ne soit laissé de côté.
Les écosystèmes de mangroves du sud-est du Togo, notamment le long du chenal Gbaga et dans la zone de Togokomé, jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité, la protection des zones côtières et le maintien des moyens d’existence des populations locales.

Face à la pression croissante exercée sur ces ressources, due notamment à l’exploitation du bois-énergie et aux pratiques traditionnelles de transformation des produits halieutiques, le projet entend promouvoir une approche intégrée associant restauration écologique, technologies propres et renforcement des capacités locales.
L’atelier de lancement constitue ainsi une étape stratégique pour assurer une compréhension commune du projet, renforcer la coordination institutionnelle et favoriser son appropriation par l’ensemble des acteurs concernés
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