L’Afrique de l’Ouest dispose d’un capital démographique rare. Près de 65 % de sa population a moins de 25 ans, une structure qui constitue à la fois une opportunité historique et un défi majeur. Ce potentiel, souvent qualifié de dividende démographique, pourrait devenir un moteur de croissance ou, à défaut, alimenter un chômage de masse si l’intégration économique des jeunes reste insuffisante.
C’est dans ce contexte que la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a lancé, mardi dernier, un forum consacré à la jeunesse et à l’intelligence artificielle (IA). L’initiative répond à une demande formulée par les jeunes eux-mêmes en 2025 à Accra, signe d’une prise en compte progressive de leurs aspirations dans les politiques régionales.
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Pour la vice-présidente de la Commission, représentée lors de l’ouverture par Mme Deweh Emily Gray, le constat est sans détour : l’Afrique de l’Ouest dispose d’un capital humain abondant mais encore insuffisamment valorisé. L’enjeu, selon elle, est de transformer cette richesse démographique en véritable moteur de prospérité.
Le choix de l’intelligence artificielle n’est pas anodin. Cette technologie représente aujourd’hui l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie mondiale. Elle génère des emplois qualifiés, souvent mieux rémunérés, et repose sur des infrastructures numériques accessibles, permettant à des jeunes formés et connectés de participer à des chaînes de valeur globales sans contrainte géographique.
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Pour la Cédéao, l’urgence est réelle. Chaque année, des millions de jeunes arrivent sur le marché du travail dans une région où les secteurs traditionnels, y compris l’agriculture et la fonction publique, ne parviennent plus à absorber cette main-d’œuvre. L’IA apparaît ainsi comme une alternative stratégique pour créer de nouvelles opportunités économiques.
Au-delà de la dimension économique, le forum traduit aussi une orientation politique claire : faire de la révolution numérique un levier d’émancipation plutôt qu’une menace. Cette approche implique une transformation en profondeur des systèmes éducatifs, avec l’introduction du codage, de la data et des compétences numériques dès les premiers cycles de formation.
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Mais les défis restent considérables. Les infrastructures limitées, le manque de formateurs qualifiés et les contraintes budgétaires freinent encore une transition rapide. Malgré ces obstacles, la Cédéao affiche une volonté de repositionner la jeunesse ouest-africaine au cœur de l’économie numérique mondiale.

