L’harmonisation des tenues du personnel de santé, lancée officiellement au CHU Sylvanus Olympio à Lomé, ne se limite pas à une mesure organisationnelle. Derrière cette réforme hospitalière se dessine un choix économique fort : faire du « Made in Togo » un levier concret de modernisation et d’industrialisation.
Désormais, un code couleur national permet d’identifier clairement médecins, infirmiers, sages-femmes et autres agents de santé. L’objectif est d’améliorer la lisibilité des rôles, de fluidifier la prise en charge et de renforcer la confiance des patients.
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Mais l’innovation majeure réside dans l’origine des uniformes. Les tenues sont intégralement fabriquées sur le site industriel de Datcha par BENART AFRIQUE. Un choix assumé qui inscrit la réforme dans la politique nationale de promotion de la consommation locale.

En orientant la commande publique vers une production nationale, l’État stimule la chaîne de valeur locale : conception, confection, logistique et distribution. Chaque uniforme produit génère de l’activité économique et soutient l’emploi. Le secteur textile bénéficie déjà d’une dynamique portée par la transformation du coton togolais, dont la production annuelle oscille entre 60 000 et 70 000 tonnes. Si l’harmonisation des tenues améliore l’organisation hospitalière, elle envoie surtout un signal stratégique : celui d’un État qui consomme ce qu’il produit.
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À travers cette initiative, la politique sanitaire rejoint la politique industrielle. Derrière la blouse hospitalière se dessine ainsi une ambition plus large : renforcer la souveraineté productive du pays tout en modernisant le service public de santé.

