Récépissé N° 0010 / HAAC / 12-2020 / pl / P

Washington : retrait des Etats-Unis de 66 organisations internationales

Les États-Unis tournent une nouvelle page de leur engagement multilatéral. Ce mercredi 7 janvier, le président américain, Donald Trump, a signé un décret ordonnant le retrait de Washington de 66 organisations internationales. L’objectif  est de rompre avec des institutions qui « ne servent plus les intérêts américains », a précisé le président américain Donald Trump.

Selon la Maison Blanche, 31 de ces entités sont liées au système des Nations unies. Parmi elles figure la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), socle juridique de la coopération mondiale sur le climat. Ce choix confirme un désengagement assumé de la politique climatique internationale.

Dans un communiqué, le département d’État a justifié cette décision. Il évoque des institutions jugées « redondantes, mal gérées, inutiles, coûteuses, inefficaces », mais aussi « instrumentalisées par des acteurs poursuivant des objectifs contraires aux nôtres ». L’administration Trump estime qu’elles menacent « la souveraineté, les libertés et la prospérité générale de notre nation ».

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Les organisations ciblées couvrent plusieurs domaines : climat, travail et droits humains. Elles sont accusées de promouvoir des politiques jugées trop favorables à la diversité et aux initiatives dites « woke ». Une ligne déjà engagée par Washington avec la suspension de son soutien à l’OMS, à l’UNRWA, au Conseil des droits de l’homme ou encore à l’Unesco.

Pour Daniel Forti, analyste à l’International Crisis Group, cette orientation est sans ambiguïté. Pour lui, cette posture traduit « une coopération internationale dictée par Washington ». Une rupture nette avec les pratiques des administrations précédentes.

Les conséquences inquiètent. Rachel Cleetus, de l’Union of Concerned Scientists, y voit « un nouveau signe que cette administration autoritaire et antiscience est déterminée à sacrifier le bien-être de la population ». Sur le climat, Rob Jackson, de l’université de Stanford, alerte : ce retrait « donne aux autres nations un prétexte pour retarder leurs propres actions ».

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La décision soulève aussi des interrogations juridiques. « Sortir de la CCNUCC est radicalement différent », estime Jean Su, du Centre de la diversité biologique, évoquant un traité qui nécessiterait un vote du Sénat.

Le décret vise également le GIEC, l’Agence internationale pour les énergies renouvelables et l’Union internationale pour la conservation de la nature. D’autres agences onusiennes sont concernées, dont Onu-Femmes et le Fonds des Nations unies pour la population.

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La Maison Blanche a précisé que ces retraits mettront fin au financement d’entités accusées de « faire passer des agendas globalistes avant les priorités des États-Unis ». Fait notable : peu après sa publication, la page officielle détaillant le mémorandum a été supprimée.

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