En 2025, le Togo a opéré un tournant significatif sur le marché financier régional de l’Uemoa. Dans un environnement marqué par une forte pression sur les finances publiques, Lomé a choisi la retenue. Selon les données consolidées d’Umoa-Titres, « l’encours de la dette togolaise détenue par les investisseurs régionaux a reculé de 5,6 % sur l’année », pour s’établir à 1 810,5 milliards de francs CFA.
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Le pays figure ainsi parmi les rares États de l’Union à afficher une contraction de son stock de dette sur le marché des titres publics. Le contraste est saisissant. Ailleurs, la dynamique reste largement haussière. Certes, l’encours total de la dette Umoa s’est certes légèrement replié (-3,7 %), mais cette moyenne cache de profondes disparités. La Côte d’Ivoire enregistre une baisse marquée (-15,4 %), tandis que le Niger (+7,2 %), le Mali (+2,2 %) et le Sénégal (+2 %) continuent d’emprunter.
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En 2025, le Togo a mobilisé 411 milliards de francs CFA, un montant en net retrait par rapport à 2024. Cette baisse ne traduit pas une rupture avec le marché régional. Elle reflète un ajustement de la stratégie de financement. Le pays a réduit son recours aux adjudications classiques d’Umoa-Titres. Il privilégie désormais des financements de maturité plus longue.
Cette orientation s’appuie davantage sur le segment lié à la BRVM, notamment à travers des opérations de syndication. L’objectif est de mieux étaler les échéances en réduisant la pression de refinancement. Une prudence d’autant plus stratégique que plusieurs États ont affronté en 2025 un mur de maturités hérité des années de forte tension sur la liquidité bancaire.
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Le contraste régional est frappant. L’an dernier, les États de l’Uemoa ont levé près de 11 860 milliards de francs CFA, en hausse de 45,9 %. Les émissions obligataires ont bondi de 89,5 %.