Le lancement de la plateforme de cotation et de négociation des titres publics ouvre une nouvelle ère pour le marché financier régional, en donnant enfin au marché secondaire la transparence, la fluidité et la crédibilité qu’il attendait. Ce lancement a été fait lors de la huitième édition de la Rencontre des marchés des titres publics de l’Union, ce 27 janvier à Lomé.
Organisé par Umoa-Titres, l’événement a réuni émetteurs souverains, investisseurs, régulateurs et professionnels du marché. « Le Togo a l’honneur d’accueillir la huitième édition des Rencontres du marché des titres publics de l’Union », a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances, Georges Barcola. Il a salué « un rendez-vous annuel qui réunit l’ensemble des acteurs clés du marché financier régional », dans un contexte macroéconomique exigeant.
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Les États font face à des besoins d’investissement croissants. Les pressions sociales s’intensifient. Les contraintes budgétaires demeurent élevées. Dans ce cadre, « l’impératif de préservation de la soutenabilité de la dette publique s’impose avec une acuité accrue ». Le marché des titres publics devient alors un pilier. financier, politique et stratégique.
Pour le ministre, ce marché constitue « un instrument central de souveraineté financière ». Il permet de mobiliser l’épargne en monnaie locale, de réduire l’exposition aux chocs externes et de soutenir des politiques publiques structurantes. La mobilisation de l’épargne intérieure apparaît comme un levier décisif pour un financement plus endogène et résilient.

Le Togo revendique une expérience solide. Entre 2021 et 2024, le pays a mobilisé chaque année « entre 500 et 700 milliards de francs CFA », couvrant l’essentiel de ses besoins de financement. Ces performances sont attribuées aux réformes engagées en matière de transparence et de gouvernance, qui ont renforcé la crédibilité de la signature souveraine de l’État togolais.
Au centre des débats, le marché secondaire ; longtemps considéré comme son maillon faible. Le lancement de la plateforme de cotation et de négociation vise à combler ce déficit. Avant, les échanges restaient bilatéraux. Après, place à la standardisation, à la centralisation de l’information et à une meilleure formation des prix.
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Pour Jean-Claude Kassi Brou, gouverneur de la Bceao, l’enjeu est évident. « Le marché secondaire développé renforce la liquidité et encourage les investisseurs à venir sur le marché primaire ». Il rappelle l’ampleur de la progression : « en 2000, on était autour de 2 000 milliards mobilisés. En 2025, plus de 11 000 milliards ».

La nouvelle plateforme apporte transparence, fluidité et traçabilité. Elle répond aux attentes des investisseurs et renforce la confiance. À condition, insiste-t-on, que les acteurs s’approprient l’outil et assurent la régularité des cotations.
À Lomé, le ton est donné. Le marché des titres publics entre dans une nouvelle phase plus structurée et plus ambitieuse.

