Au Togo, le secteur de la microfinance est à un tournant décisif. Réunis en atelier national, les autorités publiques et professionnels entendent apporter des réponses concrètes à la dégradation préoccupante du portefeuille de crédits. Au cœur des échanges : le recouvrement des créances et les innovations introduites par la nouvelle loi encadrant le secteur.
Organisée sur instruction du président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, cette rencontre a rassemblé près de 150 participants autour d’un objectif central : identifier les causes profondes des impayés et proposer des mécanismes efficaces pour y remédier. En toile de fond, un constat préoccupant. Le taux brut de dégradation du portefeuille a atteint 6,7 % en 2025, bien au-delà de la norme communautaire fixée à 3 %.

Les participants
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Pour le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, l’enjeu dépasse le seul cadre du secteur. « Le crédit est un contrat de confiance. Si son remboursement devient une exception, c’est tout l’édifice de la finance inclusive qui vacille », a-t-il averti. Avec près de 4,7 millions de membres et un encours de crédits estimé à 352 milliards de FCFA, la microfinance demeure pourtant un pilier de l’inclusion financière.

La dégradation du portefeuille n’est pas sans conséquences. Elle limite l’accès au crédit pour les populations vulnérables, fragilise les institutions et érode la confiance des investisseurs. Dans ce contexte, les participants ont été invités à faire preuve de franchise afin de proposer des solutions innovantes et adaptées.
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Parallèlement, le gouvernement renforce le cadre réglementaire. Adoptée récemment, la nouvelle loi sur la microfinance impose des exigences accrues en matière de gouvernance, de transparence et de lutte contre le blanchiment de capitaux. Elle vise également à mieux protéger l’épargne des populations.

Les discussions ont aussi porté sur la prolifération des structures illégales, que les autorités s’engagent à combattre avec fermeté. Pour les acteurs du secteur, réunis au sein de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés, cette réforme constitue une opportunité de consolidation.
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À l’issue de l’atelier, des recommandations sont attendues pour améliorer durablement les mécanismes de recouvrement. L’objectif est de restaurer la confiance et renforcer la résilience d’un secteur essentiel à la dynamique économique nationale.

