Lomé devient, le temps de deux jours, la capitale africaine de la donnée stratégique. Ce vendredi 19 février, s’est ouvert le Data Infrastructure for Development (DID) 2026. Une rencontre internationale consacrée à l’intégration des données géospatiales dans la prise de décision en Afrique et au-delà.

Organisée par le Togo Data Lab sous l’égide du Ministère de l’Efficacité des Services Publics et de la Transformation Digitale et du Center for Effective Global Action, la conférence réunit 200 participants venus d’Afrique, d’Europe et d’ailleurs. Décideurs publics, chercheurs, partenaires techniques et financiers, tous autour d’un même enjeu : faire parler la donnée.

Le constat est posé. « L’importance de l’infrastructure de données (…) est désormais reconnue (…) comme essentielle pour améliorer la prestation des services publics. » Pourtant, les pays africains font face à « des défis institutionnels, techniques et politiques ». DID 2026 veut transformer l’essai.

À l’ouverture, le directeur du Togo Data Lab, Togbe Agbagla, a donné le ton. « Nous ne discutons pas aujourd’hui seulement des systèmes de données, mais nous discutons également de comment la donnée peut être un générateur de valeur pour les citoyens. » Cette phrase forte de sens montre que la donnée n’est pas une fin en soit, mais un levier stratégique.

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Il insiste : « La donnée à elle seule ne suffit pas. Elle prend toute sa valeur en ce qu’elle éclaire la prise de décision. » Allouer les ressources sur la base d’évidence, toucher « les personnes les plus indiqués », rendre l’administration plus rapide et plus transparente, sont les bienfaits de l’usage habile de la donnée. « Les infrastructures de données (…) ne sont plus juste une infrastructure technique, mais quelque chose de stratégique qui renforce la gouvernance. »

Les participants

Les thématiques abordées sont concrètes. Il s’agit de la productivité agricole, planification urbaine, évaluation des risques climatiques, protection sociale, gestion des catastrophes, sans oublier la préservation de la vie privée.

Kafui Ekouhoho, directrice de l’Agence Togo Digital, voit plus loin. « Il va falloir développer beaucoup plus de compétences » pour faire du Togo « un hub de l’innovation du numérique ». Depuis cinq ans, des formations en science des données et en métiers digitaux se multiplient.

Les exemples parlent d’eux-mêmes. Josef Wagner, de l’Université de Strasbourg, explique : « Sans information, il serait difficile au gouvernement de prioriser les zones qui sont dans le besoin. » Avec les images satellitaires, les prévisions pluviométriques et l’orientation des cultures, la donnée devient boussole.

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En filigrane, une conviction. « Le développement n’est pas seulement à propos de la collecte ou de l’utilisation de la data, mais avant tout à propos de l’amélioration des conditions quotidiennes et des conditions de vie. » À Lomé, la donnée prend un visage humain.

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