Au troisième trimestre 2025, les exportations togolaises de produits du règne végétal ont régressé. Les chiffres de l’Inseed sont sans détour : « 5,83 milliards de FCFA », contre « 18,89 milliards de FCFA au trimestre précédent ».
Ce recul survient après deux trimestres de niveaux élevés. Il traduit un ajustement conjoncturel des flux. Plusieurs facteurs sont évoqués : saisonnalité, disponibilité des produits exportables et demande sur certains marchés régionaux.
La comparaison annuelle confirme la tendance. Au troisième trimestre 2024, ces exportations s’élevaient à 6,67 milliards de FCFA. Le niveau actuel reste inférieur.
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Pendant que le végétal recule, l’animal avance. Les animaux vivants et produits du règne animal enregistrent une progression sensible. Leur valeur d’exportation grimpe à 5,02 milliards de FCFA, contre 3,12 milliards de FCFA au trimestre précédent.
Sur un an, le mouvement est aussi positif. Au troisième trimestre 2024, ces exportations atteignaient 4,20 milliards de FCFA. Le secteur d’élevage semble gagner du terrain. Ce double mouvement éclaire une réalité plus large. Au Togo, l’agriculture reste un pilier. Elle contribue à hauteur d’environ 40 % du PIB et emploie près de 70 % de la population active. Pourtant, l’essentiel de la production, surtout vivrière, reste destiné à la consommation intérieure.
Les chiffres sont éloquents. Sur le même trimestre, la valeur des importations végétales togolaises s’est établie à 29,65 milliards de FCFA. Presque six fois les exportations ; un déficit du commerce végétal malgré certaines cultures d’exportation.
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Le constat est similaire pour l’animal. Les importations atteignent 17,39 milliards de FCFA. Plus de trois fois le niveau des exportations.
Ainsi, malgré le poids économique du secteur agricole, le Togo continue de dépendre largement de l’extérieur pour se nourrir. Les chiffres du troisième trimestre 2025 ne font que rappeler cette réalité persistante, entre fragilité conjoncturelle et déséquilibres structurels.

