Récépissé N° 0010 / HAAC / 12-2020 / pl / P

Spoliation foncière au Togo : le signal de détresse du MMLK

Au Togo, la terre est bien plus qu’un simple lopin : elle incarne l’héritage, l’identité et la survie. Pourtant, ce patrimoine vital est de plus en plus menacé par une vague inquiétante de spoliations. Lundi 25 août, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) a sonné l’alerte, dénonçant des pratiques « indignes et destructrices » qui fissurent dangereusement le tissu social.

Dans une déclaration sans détour, le mouvement conduit par le pasteur Édoh Komi accuse des réseaux organisés de s’accaparer illégalement des terrains. Falsification de documents, manœuvres frauduleuses, intimidations : la panoplie des spoliateurs inquiète. Plus grave encore, certains bénéficieraient de complicités au sein même de la chaîne judiciaire parvenant à orienter des décisions en leur faveur, estime le Mouvement.

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Le constat du MMLK est glaçant : « Ces dérives portent atteinte non seulement aux droits des citoyens mais aussi à la paix sociale ». Derrière chaque litige, ce sont des familles divisées, des communautés fracturées, et parfois des violences larvées qui menacent de dégénérer. Dans plusieurs localités, la méfiance grandit, alimentée par la répétition de contentieux fonciers devant les tribunaux.

Le MMLK interpelle directement les magistrats et gardiens de la justice. Il leur demande de « restaurer la confiance » et de mettre fin aux abus en appliquant avec rigueur les lois en vigueur. Une justice impartiale, martèle l’organisation, reste le seul rempart contre ce fléau qui mine la cohésion nationale.

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Mais au-delà de l’urgence, le mouvement plaide pour une réforme structurelle. « Seule une véritable politique foncière nationale, claire et équitable, permettra de mettre un terme à la vente anarchique des terres et de préserver l’avenir des générations », insiste le communiqué.

Car au Togo, la terre ne se résume pas à une valeur marchande. Elle reste une ressource économique stratégique, mais aussi un symbole identitaire profond. L’appel du MMLK résonne comme une mise en garde : laisser prospérer la spoliation, c’est fragiliser la paix sociale et hypothéquer l’avenir.

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