À Fondah, dans le canton de Tchébébé, la coexistence entre agriculteurs et éleveurs vacille sous le poids des mésententes devenues récurrentes. Au cœur des tensions : la divagation des troupeaux, accusée de ravager les cultures et de plonger de nombreuses familles dans la précarité. Dans cette localité de la commune de Sotouboua 3, la crise dépasse désormais le simple litige foncier tout en constituant une menace pour la paix sociale.

Les champs de riz, de maïs et de manioc, piliers de l’activité agricole locale, subissent des destructions répétées. Pour les cultivateurs, chaque passage de bœufs équivaut à des mois, voire des années d’efforts anéantis. « Aujourd’hui, tout est dévasté. Rien que le désert », confie un retraité, visiblement marqué par l’ampleur des pertes subies. Des informations relatées par le journal Togobreakingnews dans un article titré ‘Transhumance : Affrontements entre agriculteurs et éleveurs à Fondah ».

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Face à ces dégâts, les recours peinent à aboutir. Les plaintes s’accumulent, mais les indemnisations tardent, nourrissant un sentiment d’abandon. Cette frustration s’est muée en violences en janvier 2026, lorsque des affrontements à la machette ont fait plusieurs blessés graves.

Excédés, certains jeunes ont franchi un seuil critique en abattant sept bœufs et en blessant plusieurs autres. Une riposte qui a entraîné une réaction rapide des autorités : 5 d’entre eux ont été interpellés début mars et incarcérés à Sokodé. Une célérité judiciaire qui contraste, selon les habitants, avec l’inaction face aux destructions de cultures.

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Depuis, un climat de peur s’est installé. Des jeunes ont quitté le village, redoutant de nouvelles arrestations. Cette insécurité pèse déjà sur la préparation de la prochaine saison agricole, alors que les premières pluies approchent.

Conscient de la gravité de la situation, le chef canton de Tchébébé appelle à l’apaisement et tente une médiation en vue d’un règlement à l’amiable. Mais au-delà de ce cas local, le conflit de Fondah révèle une problématique nationale.

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La gestion de la transhumance demeure un défi majeur au Togo. Sans encadrement rigoureux, ni mécanismes de compensation efficaces, les tensions risquent de s’enraciner durablement. Restaurer la confiance entre agriculteurs et éleveurs apparaît désormais comme une urgence, au risque de voir s’éroder davantage le vivre-ensemble.

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