Récépissé N° 0010 / HAAC / 12-2020 / pl / P

Sécurité régionale : le Togo remet Paul Damiba au Burkina-Faso afin qu’il réponde de certains actes

La chute rattrape parfois ceux qui croyaient avoir trouvé refuge. Paul-Henri Sandaogo Damiba en fait l’amère expérience. L’ex-président de la transition burkinabè a été arrêté à Lomé le 17 janvier avant d’être expulsé vers Ouagadougou dès le lendemain. Une décision lourde de sens. 

Accusé « d’être impliqué dans un projet de coup d’État visant à renverser le pouvoir en place », Damiba vivait au Togo depuis sa chute en septembre 2022. Sa présence, longtemps tolérée, est devenue embarrassante.

Selon les informations relayées par Africa Intelligence, « les services de sécurité togolais ont interpellé l’ex-lieutenant-colonel » avant son expulsion, décidée sur instruction de la présidence togolaise. Le transfert s’est fait sans détour. À bord d’un avion privé affrété par les services de renseignement du Togo, l’ancien chef de la transition a été remis aux autorités burkinabè.

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À Ouagadougou, le ton est grave. La junte affirme que le putsch, « qui aurait dû être déclenché début janvier », a été déjoué in extremis. Des soutiens extérieurs sont évoqués, notamment en Côte d’Ivoire, selon les autorités. Une accusation sensible dans une région en proie aux tensions.

Paul-Henri Sandaogo Damiba

Lomé, informé, n’est pas resté passif. Un avertissement aurait été adressé à Damiba le 31 décembre 2025 ; puis un second, mais en vain. Dès lors, son maintien au Togo devenait politiquement et diplomatiquement intenable.

Le pays, engagé comme médiateur entre l’AES et la communauté internationale, redoutait d’être accusé de complaisance. Il a tranché net.

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Ce dossier n’est pas nouveau. En septembre 2024 déjà, Damiba était cité comme l’un des « cerveaux d’un complot » contre Ibrahim Traoré. Aujourd’hui, l’étau se resserre.

À Ouagadougou, l’ancien homme fort risque gros. Haute trahison. Atteinte à la sûreté de l’État. Des chefs d’accusation lourds, dans un Burkina Faso où le Code pénal se durcit. Le temps de l’exil semble bel et bien terminé.

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