En marge de la Conférence de Munich sur la sécurité, le chef de la diplomatie togolaise a abordé la relation entre le Togo et l’AES sans détour.
Au micro de Deutsche Welle, le professeur Robert Dussey a livré une lecture lucide des secousses sécuritaires qui traversent l’Afrique de l’Ouest. Le but est de maintenir le fil du dialogue avec l’Alliance des États du Sahel, malgré la rupture avec la Cédéao.
Lire aussi : Togo : 8,685 millions d’habitants au 1er janvier 2026
« La position du Togo par rapport aux pays du Sahel est claire : nous soutenons et nous aidons les pays du Sahel », a-t-il affirmé. Depuis le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger de l’organisation communautaire en janvier 2025, les lignes sont tendues, et Lomé a décidé de jouer un rôle équilibriste.
Pour le ministre, l’enjeu est d’abord sécuritaire. « Il faut garder le dialogue avec les pays du Sahel et les aider à dominer le terrorisme », insiste-t-il, avant d’avertir : « si le terrorisme envahit les pays du Sahel, nous qui sommes les pays côtiers, nous serons victimes ». Le Sahel et le golfe de Guinée partagent un destin.

La géographie impose sa loi. avec des frontières poreuses, des communautés imbriquées et des circulations constantes. Toute politique d’isolement serait illusoire. Pour le Togo, la stabilisation du Sahel conditionne sa propre sécurité.
Lire aussi : Umoa : le Togo lance une émission de 20 milliards FCFA
Lomé plaide pour une solidarité concrète : partage de renseignements, coopération militaire, formation et soutien logistique.
À Munich, le Togo a aussi porté une conviction. Les solutions doivent être africaines.
Dans un paysage diplomatique fragmenté, Lomé avance ainsi comme un médiateur pragmatique. Le dialogue, pour le Togo, n’est pas un slogan. C’est une nécessité stratégique.

