Récépissé N° 0010 / HAAC / 12-2020 / pl / P

Sécurité des journalistes togolais : 3 organisations tirent la sonnette d’alarme

Les organisations professionnelles TRP (Truth Reporting Post), l’UPF-Togo (Union internationale de la Presse Francophone – section Togo) et le SYNJIT (Syndicat des journalistes indépendants du Togo) alertent l’opinion sur la dégradation de la sécurité des professionnels des médias. Elles s’inquiètent d’une récente vague d’incidents visant des journalistes togolais, mettant en péril leur sécurité physique et numérique.

Ce climat d’insécurité s’ajoute à une conjoncture économique déjà difficile pour la presse privée togolaise depuis la crise sanitaire de la COVID-19. Trois situations distinctes, survenues en octobre et novembre 2025 dans différentes localités du pays, alimentent ces vives préoccupations.
La première agression présumée remonte au samedi 18 octobre 2025, en fin d’après-midi à Lomé. Anani Galley, directeur de publication du journal La Lettre Agricole et chargé des enquêtes au sein du consortium TRP, a été la cible d’une intrusion insolite. Un individu, se présentant comme officier togolais, s’est introduit sans crier gare dans son bureau. Sous prétexte d’une enquête sur un malfaiteur du quartier, l’homme a eu un bref échange confus avec le journaliste avant de quitter les lieux précipitamment à moto avec un compagnon.

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Le second incident s’est produit à Dapaong le 14 novembre 2025, aux environs de six heures trente-cinq (6h35) temps universel. Robert Douti, journaliste au média Laabali et membre de TRP, a été confronté à la présence suspecte d’un gendarme devant son bureau. « À peine arrivé, j’ai entendu des pas. Lorsque j’ai levé les yeux, il était déjà à la porte. Il s’est figé en croisant mon regard, m’a salué, s’est excusé de sa visite non annoncée, a fait une ronde de quelques minutes avant de disparaître », a-t-il rapporté.

Le TRP est un consortium africain de journalistes d’investigation dont le rôle de contre-pouvoir met souvent en lumière des sujets sensibles, ce qui renforce les inquiétudes du corps de métier face à ces intrusions non justifiées.

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Le troisième cas concerne Edem Gadegbeku, chargé de communication du TRP et nouveau président de l’UPF-Togo. Le 22 novembre 2025, juste après une assemblée générale élective, il a été victime d’un vol. Vers vingt heures trente (20h30), de retour d’une visite familiale à Lomé, il a découvert que la vitre avant gauche de son véhicule, pourtant garée dans une zone éclairée et passante, avait été brisée avec une précision remarquable.

Seul le sac contenant son ordinateur, ses clés USB et des documents administratifs a été dérobé. D’autres objets de valeur et une enveloppe d’argent, pourtant visibles, n’ont pas été touchés. La nature du larcin interroge : s’agit-il d’un vol fortuit ou d’une filature ciblée visant à subtiliser des informations sensibles ?

Appel aux autorités de l’État

Malgré les enquêtes distinctes menées par les autorités compétentes, cette accumulation de faits crée un climat d’inquiétude et de méfiance. Pour le TRP, l’UPF-Togo et le SYNJIT, l’intégrité physique et numérique des journalistes concernés a été clairement compromise.

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Les trois organisations de la presse réaffirment leur soutien aux professionnels touchés. Elles rappellent que toute tentative d’entrave à la liberté de la presse est contraire aux principes d’un État de droit. Elles exhortent le gouvernement togolais à renforcer davantage les mesures de protection, tant physique que numérique, à l’égard des professionnels des médias. Une presse qui travaille dans des conditions sûres est un partenaire essentiel pour la bonne gouvernance, la transparence et l’édification d’une société inclusive et pacifique au Togo.

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