Récépissé N° 0010 / HAAC / 12-2020 / pl / P

Science : des fourmis africaines pratiquent l’amputation préventive

Cette stratégie, mise en évidence par une étude, évoque la logique médicale humaine : mieux vaut prévenir que guérir. Les fourmis amputent ainsi les pattes blessées pour éviter toute infection.

Une étude allemande vient de révéler que la fourmi charpentière africaine (Camponotus maculatus), pratique l’amputation de pattes blessées de ses congénères afin de prévenir toute infection, adoptant ainsi une stratégie préventive plutôt que d’attendre l’apparition des symptômes. Les amputations augmentant de plus du double le taux de survie des ouvrières blessées, a expliqué l’étude. Intitulée « Better Safe Than Sorry : Leg Amputations as a Prophylactic Wound Care Behaviour in Carpenter Ants », cette recherche a été dirigée par Erik Frank, chercheur à l’Université Julius-Maximilians de Würzburg.

En 2024, Erik Frank a démontré que des Camponotus Floridanus, des fourmis de Floride, opèrent par amputations chirurgicales sélectives selon la localisation des blessures, illustrant une approche « diagnostique ». L’étude de 2025 décrit, elle, des amputations systématiques et préventives, pratiquées sans distinction, traduisant une stratégie de soin prophylactique. Les ouvrières sectionnent la patte blessée de leurs congénères au niveau de l’épaule à l’aide de leurs puissantes mandibules, sans se soucier d’une éventuelle infection ni de l’ancienneté de la blessure. Selon Erik Franc, elles privilégient systématiquement la prudence dans leur approche de soins.

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Le succès de cette approche donne raison à ces animaux pragmatiques

 

Les processus de décision observés chez ces fourmis africaines présentent des similitudes frappantes avec la médecine humaine. Selon l’étude, vivant en colonies très denses, les insectes sociaux comme les fourmis ou les abeilles doivent se protéger contre les infections susceptibles de se propager au sein de leur communauté. Les fourmis n’attendent pas qu’une infection se développe, explique la recherche. Une fois l’infection déclarée, l’amputation ne peut plus stopper sa propagation. « Le succès de cette approche donne raison à ces animaux pragmatiques », a souligné Juan José Lagos-Oviedo, l’un des deux auteurs principaux de l’étude.

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Erik Frank a dirigé un jeune groupe de recherche à Würzburg, financé par le programme Emmy Noether de la Fondation allemande pour la recherche (DFG), au sein de la Chaire d’écologie animale et de biologie tropicale. La recherche a été publiée dans la revue Proceedings of the Royal Society.

dpa

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