À l’Université de Lomé, les 12 et 13 février, la question de l’eau s’est invitée au cœur d’un dialogue scientifique d’envergure nationale. Chercheurs, techniciens et décideurs s’y retrouvent dans le cadre d’un atelier organisé avec l’appui de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), au titre du projet IWAVE. Ce dernier est un programme dédié à l’évaluation intégrée des ressources hydriques, avec un accent sur les eaux souterraines.
Le Togo a été sélectionné en novembre 2025, pour bénéficier de ce programme qui vise à renforcer les capacités des États membres en matière d’évaluation intégrée des ressources en eau, avec un accent particulier sur les eaux souterraines.
Lire aussi : Togo : 300 emplois pour les jeunes d’Agoè-Nyivé
À l’ouverture des travaux, le lieutenant-colonel Mazama-Esso Tchaou, Agent de liaison de l’AIEA au Togo, a souligné que « cette sélection n’est pas le fruit du hasard ». Selon lui, elle est « le résultat d’un engagement constant de notre pays en faveur de l’utilisation pacifique des sciences et technologies nucléaires, mais aussi de la qualité du travail scientifique accompli par les experts togolais ».
Il a rappelé que l’atelier permettra « de faire des constats, de s’enrichir collectivement, d’analyser et de valider les stratégies », avec à la clé « l’élaboration d’une matrice nationale sur les lacunes hydrologiques du Togo » et « le renforcement durable des capacités nationales en hydrologie isotopique ».

Inscrivant l’initiative dans une dynamique plus large, il a également évoqué « la création de l’Autorité nationale de sûreté et de sécurité nucléaires (ANSSN) et la mise en place du Commissariat togolais à l’énergie atomique », ainsi que « l’élection du Togo au Conseil des gouverneurs de l’AIEA pour le mandat 2026-2027 », qu’il considère comme « une reconnaissance diplomatique majeure ».
Lire aussi : Météo : une vague de chaleur et de poussière s’installe au Togo
Pour le conseiller technique du ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Koumayi Assoutoum, le partenariat avec l’AIEA constitue « un exemple qui a contribué de manière significative au renforcement des capacités nationales dans des secteurs essentiels, notamment celui de l’eau ». Il a précisé que cette coopération permet au Togo « de mieux connaître et gérer ses nappes phréatiques, d’évaluer la quantité et la qualité de l’eau et de prévenir les pollutions ou la salinisation des aquifères côtiers ».

Rappelant l’ambition gouvernementale, il a affirmé que « notre pays ambitionne d’assurer un taux de desserte de 100 % à l’horizon 2030 ». Selon lui, la mission IWAVE « vise à doter notre pays d’outils scientifiques modernes, de données hydrologiques fiables et de mécanismes efficaces d’aide à la décision », tout en s’inscrivant « pleinement dans les orientations du plan d’action national de gestion intégrée des ressources en eau ».
Présent pour la troisième fois au Togo, l’expert de l’AIEA, le professeur Kamel Zouhari, a exprimé sa satisfaction : « Je suis très content de me trouver au Togo pour la troisième fois.» Il a expliqué que la mission consiste à «présenter le mécanisme IWAVE destiné à l’amélioration des conditions des ressources en eau, surtout avec les applications des techniques isotopiques ».
Lire aussi : Innovation : le Togo Data Lab lance les conférences « Tech – Santé » à Lomé
Durant ces deux jours d’atelier, les experts travailleront en groupes afin « d’identifier les lacunes au niveau du pays dans le domaine de l’eau » et de voir « comment ces lacunes pourront être comblées à court, moyen et long termes ». L’objectif, selon lui, est clair : « apporter des solutions pour essayer d’améliorer les disponibilités de l’eau au niveau du Togo», notamment face aux effets croissants des changements climatiques.
À travers IWAVE, le Togo confirme ainsi sa volonté de s’appuyer sur la science et l’innovation pour bâtir une gouvernance de l’eau plus intégrée, plus résiliente et orientée vers l’accès universel à l’eau potable.
Suivez notre chaîne WhatsApp ici

