Publiée par l’Agence française de développement, cette étude analyse une dynamique démographique africaine rapide, porteuse de risques et d’opportunités.
L’Afrique subsaharienne est à l’aube d’une transformation démographique historique pouvant porter la population du continent à 3,8 milliards d’habitants en 2100, soit 37 pour cent de l’humanité, selon une étude publiée récemment, L’Économie africaine 2026. D’ici 2050, la région représentera 22 pour cent de la population mondiale, contre 14 pour cent aujourd’hui. Cette dynamique s’explique par la chute de la mortalité infanto-juvénile et une espérance de vie moyenne atteignant désormais 61 ans. L’étude évoque un possible dividende démographique, un gain économique réalisable si la population active parvient à soutenir les personnes à charge.
Ce potentiel demeure néanmoins entravé par une fécondité élevée, atteignant une moyenne de 4,2 enfants par femme. Si des pays comme le Rwanda et l’Éthiopie ont réussi à réduire ce taux grâce au planning familial, les normes culturelles et le manque d’autonomie des femmes freinent cette transition ailleurs en Afrique. La pression sur les infrastructures sociales est immense, alors que les moins de 20 ans constituent 51 pour cent de la population. Selon l’étude, les États doivent mobiliser des investissements massifs dans la santé et l’éducation, des secteurs que leurs budgets actuels peinent à soutenir sans l’aide extérieure.
L’équation se complique avec l’impact du changement climatique
Le marché du travail fait face à un défi d’absorption sans précédent. À titre d’exemple, le Nigeria verra l’arrivée de 93 millions de jeunes demandeurs d’emploi d’ici 2040. La prévalence du secteur informel et l’absence de protection sociale risquent de précariser durablement cette nouvelle génération.
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L’équation se complique avec l’impact du changement climatique. La productivité agricole dans la région est déjà inférieure de 35 pour cent à son potentiel en raison des aléas météorologiques. Les coûts d’adaptation aux sécheresses et inondations pourraient détourner les ressources essentielles au développement économique. Pour éviter une crise sociale, l’étude préconise des réformes urgentes axées sur la formation. Les experts soulignent également la nécessité d’anticiper le vieillissement de la population en structurant dès maintenant des dispositifs de protection sociale inclusifs.
dpa

