À l’approche de la grande saison pluvieuse, les regards se tournent vers les prévisions météorologiques. À Lomé, les experts de l’Agence nationale de la météorologie (Anamet) ont dévoilé, le jeudi 5 mars 2026, les tendances climatiques attendues pour la période mars–juin dans le sud du pays. Une rencontre avec la presse et les partenaires techniques destinée à éclairer les décisions dans des secteurs sensibles comme l’agriculture, la gestion de l’eau et la prévention des catastrophes.
Selon les spécialistes, la saison s’annonce globalement favorable. Les prévisions indiquent des pluies « normales à tendance excédentaire » dans plusieurs zones du sud du territoire. Dans les régions Maritime et des Plateaux, les cumuls attendus entre mars et mai devraient rester proches des normales saisonnières, tandis que la période d’avril à juin pourrait connaître des précipitations légèrement supérieures à la moyenne.
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En ouvrant la rencontre, le directeur général de l’Anamet, Issaou Latifou, a insisté sur l’importance de la diffusion de l’information climatique. Ces prévisions, a-t-il souligné, doivent « orienter les décideurs, les gestionnaires des risques et catastrophes, les utilisateurs des ressources en eau ainsi que les développeurs de projets ». Pour lui, l’enjeu reste la vulgarisation de ces données : « Notre défi aujourd’hui est que l’information climatique atteigne le dernier kilomètre ».

Les prévisionnistes évoquent également un démarrage de saison précoce à normal dans la région Maritime, tandis que dans les Plateaux, le début des pluies pourrait être normal à tardif. Quelques séquences sèches relativement courtes sont attendues en début de saison, avant des périodes plus longues vers la fin du cycle agricole.
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Pour N’Koyi M’poh, chef de la division climatologie de l’Anamet, la quantité d’eau tombée ne garantit pas à elle seule la réussite des récoltes. « Une saison avec 1200 millimètres de pluie peut parfois produire de moins bons rendements qu’une saison à 900 millimètres si les pluies sont mal réparties », a-t-il expliqué.
Les perspectives restent néanmoins encourageantes pour le secteur agricole, d’autant que des séquences sèches courtes pourraient limiter le stress hydrique des cultures. Les experts appellent toutefois à la vigilance face à d’éventuels épisodes de fortes pluies susceptibles de provoquer des dégâts localisés.
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Au-delà de l’agriculture, les spécialistes rappellent que les variations climatiques influencent également d’autres domaines, notamment la santé publique, certaines maladies étant sensibles aux conditions météorologiques.
Face à ces enjeux, l’Anamet recommande l’utilisation de variétés agricoles résistantes, la prudence dans les zones exposées aux inondations et une gestion rationnelle des ressources en eau. L’agence invite enfin les populations à suivre régulièrement les bulletins météorologiques afin d’anticiper les aléas et de mieux s’adapter aux réalités climatiques.

